Hier soir, aujourd’hui et demain

Je suis rentré chez moi hier soir après un weekend lourd en émotions. J’ai passé la journée d’hier à me retenir. À me retenir d’éclater, à retenir mes larmes, à me retenir de perdre le contrôle sur les émotions qui m’habitaient. J’ai passé le deux heures de routes qui sépare Montréal de chez moi en silence, à garder en tête que j’arrivais bientôt et que je devais garder en moi la peine, la douleur. Et quand je parle de douleur, je ne parle pas d’une blessure comme celles qu’on se fait en tombant par terre ou en se coupant par accident en cuisinant. Je parle du poids qui pèse sur mon coeur comme s’il allait le réduire en miette. Je parle du noeud que j’ai dans la gorge à essayer sans cesse de ravaler mes larmes parce que j’ai n’ai pas envie de projeter une image différente que celle de la fille heureuse. Parce que je n’ai pas envie que les gens perdent espoir en voyant que, moi aussi, j’ai perdu mon sourire, que moi aussi, j’ai perdu ma joie de vivre. Que, moi aussi, j’ai perdu espoir. J’ai envie que les gens se souviennent de moi comme celle qui riait tout le temps, celle qui riait pour tout et pour rien parce que même un rien l’amusait. J’ai envie que les gens se rappellent d’à quel point j’aimais rire de mes propres blagues, même si elles n’étaient pas drôles, même si j’étais la seule à les comprendre. J’ai envie que les gens se souviennent de moi comme la fille qui aimait faire des activités improvisées, comme ça à la dernière minute. Comme la fille qui décidait d’aller jouer au bowling un soir de semaine à deux heures du matin, comme celle qui s’est mise en costume de bain et qui s’est étendu dans le milieu du parking du centre commercial sous la pluie, comme celle qui s’est promenée toute la nuit avec une pinte de limonade à la main… Comme la fille qui a décidé, une journée, d’aller se faire tatouer le signe de son super-héro préféré pour sentir qu’il y avait une partie d’elle qui était tout aussi héroïque. C’est d’elle dont j’ai envie qu’on se souvienne.

Tout ça pour dire qu’hier soir, après ce long deux heures de route, je suis enfin rentré chez moi. Arrivé à la maison, j’ai eu l’impression que tout ce que je retenais depuis la nuit de samedi pouvait enfin sortir. J’ai donc fait ce que je n’avais pas fait depuis un moment déjà et j’ai pleuré. J’ai pleuré à n’en plus finir, j’ai pleuré sans doute toutes les larmes de mon corps, j’ai pleuré la bouche ouverte en souhaitant laissé échapper la douleur par un cri qui ne semblait pas vouloir sortir, j’ai pleuré les poings serrés sur mon oreiller en espérant que si j’arrivais à serrer assez fort la douleur finirait par s’échapper, j’ai pleuré et pleuré encore. J’ai pleuré durant ce qui m’a semblé être une éternité, puis je me suis endormie. Je me suis endormie après avoir épuisé la réserve de larmes que j’avais en moi. Je me suis couché, collée contre mon meilleur ami, en me répétant que ça irait mieux demain matin, en me répétant que j’étais simplement fatiguée et que demain matin je verrais la lumière à travers toute cette noirceur. Pourtant, en me levant ce matin, je me suis sentie tout aussi vide. Je me suis sentie tellement vide de joie, vide d’espoir et vide d’amour. Et plus je réalisais à quel point j’étais vide, plus le vide semblait s’emplir de cette douleur que j’avais ressentie le jour précédent. Et plus la peine prenait de l’ampleur, plus j’avais mal. C’est d’ailleurs ce que j’ai dis à mon meilleur ami hier soir lorsqu’il m’a demandé pourquoi je pleurais;

« j’ai mal marc, j’ai tellement mal. »

Et ce matin encore, j’ai mal. Et j’ai peur que cette peine ne disparaisse pas. J’ai peur parce que je me suis attachée plus que jamais à cette personne pour qui on m’avait expressément averti de ne pas tomber. J’ai peur parce qu’il ira bien et qu’il continuera d’avancer pendant que moi, ici, je suis figé dans la tristesse. Pendant que moi, sur le divan de mon salon, j’ai perdu l’appétit, j’ai perdu le sourire, j’ai perdu l’envie de me lever et de me battre pour vivre. Pendant que moi, assise, j’ai peur d’avoir en moi, à ce jour, plus de peine que de joie. Parce que j’ai le coeur brisé.

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