J’ai grandit.

2015

Une année plus difficile que prévue. Des bas, beaucoup plus de bas que de hauts. Des pleurs, beaucoup plus de pleurs que de rires. Des pertes, beaucoup plus de pertes que de gains.

J’aurais dûe m’en douter pourtant, sachant que l’année ait commencé sur des sanglots. Sachant qu’aux douze premiers coups de minuit séparants le 31 décembre du 1er janvier, je pleurais comme une fillette dans les bras de ma mère, à suplier, à implorer, à m’excuser d’avoir crisser ma vie en l’air. À m’excuser d’avoir menti, et surtout, à m’excuser de l’avoir déçue. À m’excuser d’avoir échoué, à m’excuser d’être, en soi, un échec.

En 2015 j’ai perdu ma vocation, j’ai lâché mes cours et j’suis retourné au bercail, dans les jupes de ma mère. Moi qui croyais avoir trouvé ma voie, moi qui croyais avoir tout plannifié, tout pris en main. Non, j’ai perdu toute motivation d’un jour reprendre le cours de ma vie, la routine, d’un jour devenir quelqu’un. J’ai perdu l’espoire aussi, l’espoire et le courage d’avancer et ce, peu importe la situation.

En 2015, j’ai perdu confiance. J’ai perdu confiance en des gens pour qui j’aurais mis ma vie sur la table. J’ai vue des gens que j’aimais me tourner le dos, je les ai vue me trahir et pire encore, trahir la confiance que j’avais misé sur eux. J’ai vue des gens manigancer dans mon dos, des gens que j’avais l’habitude d’appeller “amis”. Je les ai vue me prendre pour acquis, je les ai vue me jouer dans le dos, je les ai vue faire tous ce qu’un ami ferait pas. Et je les ai détesté pour ça. Je les ai détesté d’avoir pris pour acquis que je savais pardonner et accepter, simplement parce que j’avais bon coeur. Trop bon coeur.

J’ai éprouvé, en 2015, tellement de haine et de colère que mon propre corps n’arrivait plus à l’emmagasiner. J’ai éprouvé tellement de rage que je n’ai pas trouvé personne d’autre envers qui diriger cette colère que ma propre personne. J’ai entassé cette colère au plus profond de moi-même jusqu’à ce qu’il y en ait tellement qu’elle me sorte par le nez. Que je me réveille la nuit pour la vomir. Pour régurgiter la haine que j’avais envers eux, envers vous tous en fait, envers moi-même. Surtout envers moi-même. La haine, mais aussi le dégout que j’avais envers moi-même.

On m’aurait dit cela il y a 5 ans, jamais j’aurais avalé qu’un jour, la fille au tattouage de Batman deviendrait la victime plutôt que le Héro. Jamais je l’aurais cru assez lâche pour baisser les bras et tout abandonner de la manière que j’ai tout abandonné cette année. Jamais je l’aurais imaginé lâcher prise sur ce à quoi elle tient et sur ceux à qui elle tient. Jamais j’aurais cru, qu’un jour elle s’enfonce lea doigts au plus profond de la gorge, en plein nuit, accroupie dans la salle de bain, parce qu’elle n’aime pas son corps, parce qu’elle ne s’aime plus tout court. Jamais j’aurais pensé la voir fondre en larme devant le miroir parce qu’elle déteste le reflet qu’il lui projette. Ou la voir en petite boule dans son lit à hurler à la mort, la tête enfouie dans son oreillé. Jamais je l’aurais cru capable de prier, en guise de dernier espoire. De prier et d’implorer la grâce du seigneur. De prier et d’implorer la force de ceux qui nous ont quittés pour un monde meilleur. Si on m’avais dit, il y a 5 ans, jamais j’aurais avalé que la fille au tattouage de Batman aurait, un jour, besoin d’être sauvée.

2015 a été, et de loin, la pire année de ma piètre existence. Et pourtant, c’est l’année dont je suis la plus reconnaissante. C’est l’année des leçons ; c’est l’année où j’ai réalisé que la fin de quelque chose laissait simplement place au début de quelque chose de mieux. C’est l’année où j’ai réalisé qur personne ne pouvait décider à ma place, que j’étais maître de mon destin et que jusqu’à maintenant j’avais toujours réussit à m’en sortir. C’est l’année où j’ai appris à distancier le bon grain du mauvais. Où j’ai compris qui étaient les vrais, qui ne l’était pas et qui serait toujours là. C’est l’année où j’ai compris que toute situation ne méritait pas nécessairement de réaction. C’est pour ça que j’ai appris à fermer ma gueule et à accepter qu’il y a certaines choses que je ne puisses simplement pas changer.

C’est l’année où j’ai découvert de nouvelles parties de moi. Des bonnes, comme des moins bonnes. Étonnament, surtout des bonnes. C’est l’année où j’ai réalisé à quel point j’avais du leadership et à quel point les gens comptaient sur moi. À quel point ils se rassemblaient autour de moi. Et c’est flatteur en un sens, d’avoir la capacité de rassembler les gens ainsi.

J’ai réalisé cette année que j’avais le coeur plus gros et plus ouvert que je l’pensais. Que parfois, ça valait la peine de mettre son coeur à jour, de laisser les autres nous lire à livre ouvert. Que ça valait la peine, même, de risquer de se le faire briser, notre petit coeur. Que l’amour que je donnais et que je recevait valait les peines que j’pouvais avoir par la suite. Que c’était équitable, que c’tait plus que fair même.

J’ai réalisé cette année que j’étais capable d’un amour imense, immesurable. J’ai réalisé que j’aimais et que l’on m’aimait également. J’ai compris aussi, toute la signification de “trop c’est comme pas assez”. J’ai compris que d’aimer trop, c’était malsain. J’ai appris en 2015 à accepter. À accepter de laisser aller ce qui ne valait pas la peine d’être retenu. À accepter qui j’étais aussi, et à aimer cette personne. À accepter les choix que j’avais faits parce que c’était les miens. Et parce que j’avais eu raison de les faire. Et que même si j’avais eu tords, il était trop tard pour revenir en arrière.

J’ai appris à contrôler, ma vie en générale, mais surtout mon moi intérieur. À gérer mes émotions, à canaliser ma colère vers quelque chose d’utile. J’ai appris à évacuer la rage de la bonne façon, et à me garder en santé pour cela. J’ai appris à me déttacher des dépendances. À me déttacher de lui, et des autres tentations malsaines autour de moi.

2015 a été une année plus que difficile. Mais elle en a value le détour. Toute la peine, toutes les épreuves, toute la douleur ; et chaque jour, et chaque heure, et chaque seconde de chaque minute ont été tant une malédiction qu’une bénédiction pour moi. Parce que j’ai tellement appris de mes erreurs. Et surtout, parce que j’ai survécue à tous ça. Parce que je suis une survivante. Parce que j’ai retrouvé, de peine et de misère, dans tous ce fouillit, mon sourire.

Mais le plus important dans tout ça, c’est que 2015 m’a changé. Et qu’après tous les hauts et tous les bas, j’peux dire que j’ai grandit.

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