La présence impertinente d’un être pertinent.

Suite à la peine que j’ai vécu avec les autres, je n’avais jamais vraiment laissé la chance à quiconque de s’infiltrer dans mon monde ainsi. Certains ont eu droit à une place importante dans ma vie, mais jamais je ne pourrais dire que je les aie aimé au point d’en avoir mal. Mais lui, lui, ça me fait mal. Ça me fait mal de l’aimer autant. Ça me fait mal de l’aimer autant parce qu’il est tellement distant, parce qu’il est tellement dur à suivre et parce qu’il s’ouvre tellement pas aux autres. Ça me fait mal d’être incertaine, parce qu’avec lui il y a rien de stable, rien d’assuré, rien de 100% sérieux.

Il est l’homme le plus low profile que j’ai rencontré. C’est le genre de gars qui ne parle pas pour rien dire. En fait, c’est le genre de gars qui dit jamais un mot. Même quand tu lui parle, t’as parfois l’impression de parler à un mur. Tu sais qu’il t’écoute et qu’il s’intéresse à ce que tu dis, mais t’es pas assuré d’avoir une réponse à la fin de ta phrase. Et de ne pas avoir de réponse te fait douter de son intérêt. De son intérêt pour ce que tu dis, pour ce que tu vie, pour ce que tu es. Et plus tu doutes, plus tu pousses, parce que plus tu doutes, plus tu veux savoir. Il est mystérieux et ça te fais chier de ne pas pouvoir démystifier qui il est et ce qu’il veut. Et autant que ça te fait chier, t’aime ça. T’aime ça parce qu’il est comme un défis, c’est ton défis personnel que tu te lances, de réussir à le décoder. De réussir à comprendre comment il agit et pourquoi il agit ainsi.

C’est le genre de gars qui rage tout le temps et ça aussi, t’aime ça. Ça te fais rire de le voir pogner les nerfs aussi facilement, pour tout et pour rien. Puis sincèrement, tu fais exprès de le faire pogner les nerfs. Juste pour voir sa réaction à chaque fois, parce que justement ça te fait rire. Puis parce qu’il réagit jamais à rien, sauf quand il pogne les nerfs. Alors comme ça, quand tu le fais rage, t’as l’impression que t’as de l’impact sur lui. Que ce que tu dis ou fais ne frappe pas le mur que tu frappes d’habitude, et ça te fais un je ne sais quoi en dedans. Tu te sens comme importante tout à coup, parce que t’as de l’impact. Parce que ton action est pas passée dans le vide cette fois-ci. T’as besoin de son attention, sans doute autant que lui a besoin de la tienne, c’est juste qu’il le laisse pas paraitre. Mais sérieusement, il aime ça lui aussi. Tu le sais, tu le remarque. Tu le remarque parce que tu commences à le décoder peu à peu. Et par son sourire en coin, tu sais qu’il rage pas vraiment finalement, tu sais qu’il aime ça lui aussi, que tu le fasses pogner les nerfs. Tu sais qu’il aime ça parce que lui aussi, il fait exprès de te faire rage à son tour. Et parce que toi aussi, t’aime ça qu’il s’en prenne à toi en te taquinant, parce que toi aussi t’aime ça chialer. T’es bonne là-dedans, t’sais. Pis vous avez ça en commun, aimer chialer. Pis de rage l’un contre l’autre te donne l’impression que ça vous rapproche, te donne l’impression de communiquer avec lui. C’est cave, mais c’est quand même ça.

C’est le gars qui prend rien au sérieux, qui fait pas grand chose de sa vie et qui se soucie pas tant de l’avenir non plus. C’est pas un Kev Webster, au contraire, c’est pas un cave non. Il a le potentiel pour réussir dans la vie, il est intelligent, le problème est pas là. Il est juste nonchalant. Comme j’ai dis, il prend rien au sérieux. Et pour l’instant, l’avenir c’est pas quelque chose qui le préoccupe, ou du moins ça ne semble pas le préoccuper. Puis, le fait qu’il se criss de toute te fais réaliser qu’il se criss pas mal de toi aussi. Pas de toi en tant que personne, mais de toi en tant que fuck friend. C’est ça votre relation, pis c’est toute, pis pour lui c’est bien assez comme ça. Et un avenir ensemble, c’est trop tôt pour y penser, parce que l’avenir il s’en soucie pas tant. Alors ouais, il se criss pas mal de toi. Mais autant qu’il se criss de toi, tu sais qu’il t’apprécie, pis tu sais que t’es pas rien à ses yeux. Tu sais qu’il s’attache lui aussi, mais qu’il s’en rend pas compte, ou qu’il veut pas l’admettre. Mais c’est là, tu le sais, tu le sens. Et un feeling comme ça, ça ment pas. Faque tu garde espoir, tu gardes espoir qu’un jour il réalise que t’es pas rien, que tu comptes beaucoup plus qu’il le pense, pis t’attends.

Il est pas super démonstratif non plus. Ni avec toi, ni avec ses amis, ni avec sa famille, ni avec personne en fait. Et t’essayes de comprendre pourquoi. Et autant que t’essayes de comprendre pourquoi, autant que t’aimerais ça être celle à qui il s’ouvre, pour faire changement. Autant que t’aimerais ça être celle qui réussit à le faire parler de ses sentiments, autant que t’aimerais ça être celle qui le fait se sentir bien, celle qui lui donne envie de s’exprimer, celle qui fait en sorte qu’aujourd’hui il a sourit, et il a rit, et il a peut-être même eu envie d’être gentil avec les gens pour une fois. Alors tu lui poses des questions, sur comment il va, sur son quotidien, sur son travail, et tu t’intéresses à ce qu’il dis, à ce qu’il fait, à ce qu’il veut faire et tu lui montres que ça t’intéresses pour vrai. Parce qu’il t’intéresses. Et tu le pousses, tu le pousses à aller s’inscrire à ses maudits cours de conduite parce que t’as envie qu’il se prenne en main. Pis tu l’harcèle à propos de l’école, à propos des cours auxquels il ne s’inscrit pas. Parce que t’as envie qu’il fasse autre chose de sa vie que de travailler chez Mcdonald. Pas parce que c’est dégradant, mais parce que t’as envie qu’il fasse quelque chose qu’il aime, parce que t’as envie qu’il soit heureux. Et surtout, parce que tu crois en sa réussite.

T’as envie de le rendre heureux, peu importe comment. T’as envie d’être celle qui le rend heureux, mais au delà du désir d’être la raison de son bonheur, t’as juste le désir de le voir sourire. Et c’est ça qui a de plus beau dans ce que tu ressens pour lui, ton désir de simplement le voir joyeux. Tu t’en fou finalement de ce que toi tu peux bien ressentir, parce que son bonheur passe avant le tien, parce qu’il compte à tes yeux plus que toi-même, parce que de le voir heureux bin finalement ça te rend heureuse toi aussi. De voir cette personne, qui a l’habitude de suivre le troupeau, enfin faire quelque chose pour son bonheur, quelque chose qui lui fait plaisir à lui et non aux autres, ça te fait sourire. Parce que les autres tu t’en fou, c’est lui qui compte pour toi. Pis c’est pour ça que tu le pousses autant, pis c’est pour ça que tu le taquine aussi, pis c’est pour ça que tu passes ton temps à le faire rage, pis c’est pour ça que tu veux le décoder en fait. Pour comprendre ce qui le rend heureux, pis faire en sorte qu’il le soit. Parce que tu l’aimes, sans doute vraiment beaucoup. Sans doute plus que tu le voudrais, mais que c’est comme ça. Et que d’une certaine manière, même si t’aimerais ça être capable de te détacher de ce que tu ressens pour lui, t’es bien là-dedans.

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