Souffles

Pour tous les gens qui n’ont pas su maintenir la flamme allumée.

Il y a cette flamme, cette petite flamme. Elle brûle depuis un moment déjà, mais elle est faible tout à coup. Et plus le temps passe, et plus la flamme s’affaiblie. Et plus la flamme s’affaiblie, et plus elle se bat pour rester allumée. Et toi, tu es là. Tu es là à la regarder, comme fasciné par sa décroissance, comme intrigué aussi. Et tu ne veux pas que la flamme s’éteigne, parce qu’elle est belle. Et chaleureuse, oui. Tellement chaleureuse. Parce qu’elle te console cette flamme, elle te console lorsque tu as froid au coeur, à l’âme. Et parce que cette flamme est la seule lueur qui brille dans cet endroit si sombre. Tu l’aimes bien cette flamme, elle t’as toujours réconfortée, elle est restée allumée pour te tenir au chaud lors de moments pénibles, elle t’as éclairé le chemin lorsque tu n’y voyait rien, elle a été là, du début à la fin, comme tu en avait besoin. Mais aujourd’hui, c’est à son tour d’avoir froid. Et c’est à son tour aussi d’avoir besoin de protection, de réconfort, de lumière. Parce que la flamme s’éteint petit à petit. Et plus le temps passe, et plus elle s’affaiblie, et plus elle s’affaiblie, et plus elle perd la force de se battre pour rester allumée. Cette flamme qui a toujours été là pour toi, elle perd la vie, elle va s’éteindre. Elle va s’éteindre et toi, et toi tu restes-là. À la regarder. Comme mystifié par la flamme qui t’as autrefois semblé si forte, si grande, et qui est aujourd’hui si petite et si faible. Comme fasciné par sa décroissance, comme intrigué aussi. Mais tu ne fais rien, ni pour la maintenir allumé, ni pour la réconforter, ni pour lui prouver que toi aussi, tu es là pour elle, que toi aussi, tu es reconnaissante de ce qu’elle t’as apportée. Et plus tu la regarde s’éteindre sans rien faire, plus la flamme perd espoir. Espoir d’un jour retrouver la force dont elle semblait autrefois déborder. Et de la regarder ainsi s’éteindre, sans bouger le moindre petit doigt, tu la pousses à se questionner et à se demander pourquoi. Pourquoi tu restes là sans rien faire? Pourquoi tu la regardes ainsi s’éteindre et n’essaie pas de la sauver? Pourquoi tu la laisses perde espoir? Et tant qu’à l’admirer ainsi s’éteindre, ne serais-tu pas mieux de simplement souffler dessus? Parce que d’une manière ou d’une autre, tu seras responsable de sa perte.

Alors s’il te plait, vas-y, souffles.

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