Souviens-toi du nid de monarques dans le creux de ton estomac.

Lâche ton téléphone, efface ce que tu viens d’écrire et remets-le dans ta poche. C’est terminé ma belle, ça ne sert à rien de le texter. Tu te fais du mal ma belle, tu te fais du mal pour rien. Et le pire là-dedans c’est que t’en ai pleinement consciente. T’aimes ça, on dirait, avoir mal. Non? Pourtant je jurerais que oui. On dirait que t’en as besoin, de cette peine-là. Que t’as besoin de souffrir. Peut-être que ça t’aide à mieux apprécier le bonheur après? Sans doute, oui. Peut-être que ça t’aides à te rappeler que t’es toujours en vie, qu’au moins ça, la douleur, tu la ressent encore.

C’est masochiste sur les bords, ton affaire. Et ton histoire avec lui, une vraie torture émotionnelle. Ton coeur à l’air d’un champ de bataille ma fille. Et j’ai vraiment pas l’impression que tu en soies sortie vainqueur, de cette guerre-là. C’est un peu comme si y partait avec une petite partie de toi à chaque fois. La dernière fois y’est partie avec ton sourire, attends pas qui parte avec ton coeur. S’te plait. Attends pas ça, tu t’en remettras pas cette fois, pas sans ton coeur. Y l’a peut-être amoché, mais y’est encore là. Y fonctionne peut-être plus aussi bien qu’avant, même qu’y’en arrache en criss j’te dirais, mais y fonctionne pareil. Tu me crois pas? J’te l’dis, je l’entends battre moi, ton petit coeur abîmé. Et je le vois, qui fonctionne, à travers tous les p’tits trucs que tu fais pour les gens qui te sont chers. Les p’tites attentions, les pensées que t’as peur eux le soir avant d’aller dormir, le temps que tu leur consacre. Tout ça je le vois moi, pis ça prouve que ton coeur est pas totalement défectueux, tu vois.

Pis tant qui fonctionne, y’a encore de l’espoir pour toi. Y’a encore de l’espoir que tu puisses aimer à nouveau. T’en a pas envie? J’comprends, ça faites tellement mal les dernières fois. Ça t’as tellement brisé de partout. Mais souviens-toi d’avant ça. D’avant la tempête, quand c’était plus calme. D’avant le tremblement de Terre en toi qui s’est acharné sur ton p’tit coeur. Souviens-toi comment t’étais bien, heureuse. Comment t’étais épanouie. Souviens-toi comment c’était beau, l’amour. Comment c’est beau de pouvoir ressentir tout ça.

Souviens-toi, que t’avais jamais crue à la magie avant de voir l’éclat des étoiles dans ses yeux. Souviens-toi de la magie dans ton ventre. Les p’tits papillons roses. Tu pouvais pas les voir, c’était peut-être pas des papillons après tout. Pis y’étaient peut-être pas roses. T’sais, c’est juste une expression. Mais non, c’était bel et bien des papillons que t’avais dans le ventre. Pis ça te faisait sentir tellement bien en dedans que c’est sur qu’y’étaient roses, pis beaux, pis majestueux même. Ça pouvait pas être autre chose, y’avait pas d’autres explications, c’était trop beau pour que ce soit autre chose. T’avais comme un nid de Monarques roses à l’intérieur de l’estomac. Pis les chenilles se transformaient une à une, chaque fois que tu le voyais. Pis les Monarques, roses, venaient te chatouiller tout partout chaque fois que l’idée de sa personne traversait tes pensées.

Souviens-toi comment c’est beau, d’aimer autant. Comment c’est beau de vouloir tout donner, de t’investir à ce point-là. Souviens-toi comment ça t’était bénéfique de l’aimer comme ça. Comment t’avais envie de te surpasser chaque jour pour lui. Comment t’avais envie d’être une meilleure personne. Comment t’avais envie de prendre ta vie en main et de bâtir ton futur. Comment tu voulais être une personne de qui il pouvait être fier, une personne qu’il avait envi de présenter fièrement aux gens. Comment, soudainement, la peur et l’angoisse de l’inconnu, de l’avenir, s’estompait quand il était à tes côtés.

Souviens-toi de tout ça. Ça te donnes pas envie de tomber à nouveau? Ça te donne pas envie de te laisser la chance de tomber? Souviens-toi comment t’étais bien. Comment c’était beau d’aimer autant. Comment c’est beau, l’amour. Souviens-toi tout ce que t’étais prête à faire par amour. Tu t’en souviens-là? Bien. Maintenant imagine que quelqu’un soit prêt à en faire tout autant pour toi. Et laisses-toi une chance de tomber à nouveau. Après tout, peut-être que cette fois, y’aura quelqu’un en bas pour t’attraper. Fais-toi confiance un peu, t’es plus forte que ça.

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