Le Rond Point

C’est drôle comment tu te crois tout permis. Tu peux pas faire ça, disparaître et réapparaître comme ça à tout bout de champ. Parce que monsieur, quand bon lui semble, daigne se pointer le bout du nez, pis repart en courant le jour suivant. C’est pas fair pis tu le sais très bien. Arrête de jouer au con avec moi, arrête de faire comme si c’était pas ton intention de me faire de la peine. C’est jamais ton intention, c’est jamais ta faute. Criss oui. C’est ta faute, pis assume-le.

Sois assez homme pour admettre que t’es rien d’autre qu’un trou d’cul. Comme les autres, arrête de penser que tu vaut mieux que ça. Parce que pour l’instant tu m’as surtout prouvé le contraire. Y’a rien de pire qu’un trou d’cul qui joue au bon gars, les autres au moins, ils le savent qui sont pas corrects. Pis ils s’assument là-dedans.

Tu m’fais du mal. Tu m’en as toujours fait. Et tu le sais tellement, c’est ça le pire. Tu l’sais que j’souffre à cause de toi pis tu continue. Tu lâches pas, c’est comme si t’aimais ça me voir souffrir. C’est comme si t’essayais de trouver ma limite. À quel moment exact est-ce que je vais craquer? Où est-ce que j’vais t’câlisser dehors de ma vie avant que ça arrive? Est-ce que j’vais finir par me péter une dépression parce que j’t’aime trop pis qu’tu m’aimes pas assez?

T’as l’goût d’en arriver-là on dirait. Parce que t’as ton p’tit pattern. Tu penses que j’te vois pas venir, mais j’te vois venir à 100 milles à l’heure, toi pis ta subtilité zéro. Avec tes phrases pré-fabriquées de boîtes de céréales à cinq cennes. Pis honnêtement, même si j’te vois venir, y’a des fois où j’y crois pour vrai, à tes p’tits mots doux pis tes belles promesses. Y’a d’autres fois où j’y crois tellement pas, mais que j’ai tellement le goût d’y croire que j’y crois pareil. Parce que chaque fois que tu reviens, avec ta p’tite face de p’tit con, y’a comme un vide en moi qui se remplit à nouveau.

Ça c’est sûrement parce qu’à chaque fois que tu pars, tu brises tellement toute avant de partir que le trou a jamais le temps de se refermer complètement. Pis quand tu reviens, bin la place que tu t’étais creusé dans mon coeur est encore là. J’ai tellement d’amour pour toi que parfois j’me dis que tu fais ça parce que tu m’aimes trop. J’aimerais ça, que ce soit parce que tu m’aimes trop. Que tu reviennes à chaque fois parce qu’ailleurs c’est pas pareil, pis parce que j’sais pas, tu t’ennuies toi aussi. Que tu reviennes à chaque fois parce que tu veux pas que j’tourne la page, parce que ça te ferais mal, de savoir que j’suis heureuse ailleurs. Que tu reviennes à chaque fois parce que toi aussi, tu m’as creusé une p’tite place dans ton coeur pis que s’pas pareil quand j’suis pas là pour la remplir.

Parfois j’me dis que tu reviens parce que tu m’aimes trop pis que sans moi t’avance pas. J’aime ça penser que j’t’aide à avancer dans vie, que j’suis bonne pour toi. Parfois même j’m’imagine que tu pars parce que t’as peur. Parce que le p’tit trou que t’as creusé pour moi dans ton coeur grossit un peu plus chaque fois qu’on est ensemble, pis t’as peur qu’y commence à prendre trop d’place. Parfois j’ai l’impression que t’as peur d’aimer, parce que t’as peur de ce qu’autant d’émotion peut faire. Parce que tu m’vois moi t’aimer autant et souffrir autant à la fois, pis t’as pas l’goût de vivre ça. Faque tu me l’fais vivre à moi. Parce que tant que j’souffre, toi tu souffriras pas.

C’est toujours comme ça, dans une relation y’en a toujours un qui aime plus que l’autre. Faque y’en a toujours un qui souffre plus que l’autre. Pis tant que c’est moi c’est correct. Parce que l’jour où tu vas m’aimer trop, t’auras peut-être plus la force de partir. Pis si j’pas occupé à te suivre en courant parce que tu te sauve, peut-être que j’vais remarqué le tournant sur la droite que j’manque toujours à force de faire le tour du rond point avec toi. Pis si j’pognes le tournant, tu l’sais que j’reviendrai pas. S’pour ça que tu m’fais courir demême, en rond. Parce que tant que j’ai la tête occupé pis que j’regarde en avant à essayer de te rattraper, y’a pas de chance que j’le vois, ce tournant-là.

Pis s’pour ça qu’t’es un trou d’cul. Parce que tu fais tout ça pour toi. Pis tu l’sais, pis t’es conscient de ce que tu fais, pis t’es conscient que tu l’fais par pur égoïsme, pis t’es conscient du mal que ça m’fait, pis tu continue. Toi, le criss de cave, tu continue. À m’faire tourner en rond, pendant que l’horloge elle continue d’avancer. Tu m’fais perdre mon temps, tu m’fais manquer les sorties, tu m’fais manquer les opportunités, tu m’fais manquer ma vie. L’autre vie. Celle où j’passerais pas mon temps à tourner en rond, celle où j’avance et j’suis heureuse. Mais tu veux pas que j’sois heureuse, pas sans toi. Pis s’pour ça que finalement, chaque fois que j’rêve un peu trop à penser que tu fais tout ça par amour pour moi, j’réalise que non. Parce que tu m’aimes pas. On fait pas ça aux gens qu’on aime. Moi, en tout cas, j’te ferais pas ça.

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