À toi, qui a encore pleuré cette nuit.

T’essaye de l’oublier n’est-ce pas? T’essaye fort pis t’y arrive pas. C’est normal. J’comprend entièrement ce que tu vis, j’suis passé par là moi aussi. On passe pas mal toute par là un jour où l’autre j’te dirais. Du jour au lendemain y’a ton monde qui s’écroule pis tu sais pas trop pourquoi. Ton p’tit monde que t’avais pris tellement de temps à bâtir. Pis tout à coup, pouf. Plus rien.

T’es jamais vraiment prête à faire face à une fin, y’a rien dans vie qui nous prépare à ça. Peu importe, ça fait toujours mal. Et du jour au lendemain t’es là, assise sur le bord de ton lit à te demander qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que t’en arrive là? Ça, pis aussi un tas d’autres questions. Pis c’est un peu toi que tu remets en question au début, un peu beaucoup même. De là à se demander si c’est pas toi le problème, ou si c’est pas toi qui a fait un faux pas quelque part, qui a mal calculer ta shot. Non, c’est pas toi. Crois-moi, t’as rien fait, c’est lui le problème.

C’est lui parce qu’au fond, tu y as toute donné. Crois-moi, si t’es là, assise à essayer d’te trouver des poux, c’est qu’c’est lui le problème. Parce que lui, y’est pas assit sur le bord de son lit à se demander comment y’a bin pu te laisser partir. Y’a tourné la page, y’est bien de son côté pendant que toi tu te tapes sur les doigts. Pis ça, il le sait. Il l’sait qu’tu t’en veux parce que ça pas fonctionné pis qu’tes en trin de t’mettre toute le blâme sur le dos. Pis ça fait bin son affaire, parce que tant qu’tu penses que c’est d’ta faute, s’pas d’la sienne. Y’est égoïste demême, ils l’sont tous.

Arrêtes de t’tirer les cheveux, tu t’fais du mal pour rien. Je l’sais, c’est facile à dire. Je l’sais qu’t’as pas envie de l’entendre, qui s’criss de toi. Je l’sais qu’tu penses à lui souvent, beaucoup trop souvent. Tous les jours. Je l’sais que le matin tu te lèves en regardant ton cell en espérant tellement fort voir son nom dans ta boîte de réception. Je l’sais qu’tu penses à lui écrire dequoi du genre bon matin ou passes une belle journée, mais qu’t’effaces ton message à dernière minute. Je l’sais qu’tu te rends à l’école avec tes écouteurs pis ta playlist de coeur brisé en pensant à lui et aux moments spéciaux qu’vous avez partagé. Je l’sais que parfois ton cours est un peu long pis qu’tu te perds quelque part sur la lune avec lui. Je sais aussi que quand tu reçois un nouveau message tu te précipite à r’garder si, par hasard, ce serait pas lui. Je l’sais qu’tu te couche le soir en t’imaginant te blottir dans ses bras, pis qu’t’on lit t’semble soudainement vraiment grand. Je l’sais qu’tu prends du temps à t’endormir parce que tu r’pense à toutes les fois où il t’as regardé droit dans les yeux en te faisant l’amour. Je l’sais qu’tu revois ses p’tits yeux bleus tout pétillants pis qu’l’espace d’une seconde t’as l’sentiment d’avoir encore son souffle dans le cou. Je l’sais qu’après, souvent, tu te mets à pleurer pis qu’t’as l’impression que ça s’arrêtera jamais. Je l’sais que tu t’replis sur toi-même, la tête enfouie dans ton oreiller et la main sur ton coeur à te demander pourquoi ça fait aussi mal. Je l’sais qu’tu l’hais de te faire te sentir demême. Pis je l’sais aussi que demain matin, même si tu l’hais, tu vas regarder ton cell à nouveau avec une p’tite lueur d’espoir dans les yeux. J’sais tout ça parce que j’suis pareil.

Pis j’te dis tout ça, parce que t’es normal. T’es pas folle, de t’être attaché comme ça à lui. Et t’es pas folle, d’aimer au point d’en avoir mal au coeur. D’aimer tellement que t’en pleure jusqu’à épuisement pour t’endormir le soir. J’te dis tout ça parce que, aussi difficile à croire et aussi facile à dire que ça puisse l’être, ça va passer. J’te dis pas que j’pense plus à lui, j’y pense souvent même, tous les jours encore. Mais beaucoup moins qu’avant. Pis j’te dis pas que j’me questionne pas de “what if” une fois de temps en temps, parce que oui, ça m’arrive de me demander si les choses auraient pu êtres différentes encore aujourd’hui. Mais j’me blâme pas pour ça, j’suis consciente que c’pas ma faute. Et crois-moi, y’a des matins où j’me lève et ça fait moins mal que la veille. Y’a des soirs où j’me couche en réalisant qu’j’ai pas pensé à lui d’la journée. Et peu à peu, petit à petit, j’me sens heureuse à nouveau. J’me sens moi. Parce que d’pas sourire, avoir d’la peine, me morfondre, c’est pas moi ça.

Pis c’est pas toi non plus.

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