Narcotiques Anonymes

Je suis allée à une réunion des Narcotiques Anonymes aujourd’hui. T’inquiète pas, j’suis pas rendue dopée, tu m’as pas blessé à ce point-là. C’était pour un travail de session en toxico et ça s’est avéré être vraiment intéressant comme rencontre.

Tout au long de la soirée, on a parlé de diverses situations (j’dis on, mais moi j’ai pas dis un mot de la soirée, t’sais). Y’a eu des prières, des lectures, des échanges, des partages d’histoires, c’était vraiment pas ce à quoi je m’attendais. Le gens étaient tellement normaux, j’veux dire qu’ils avaient pas d’l’air de ça. Pis t’sais, au fond, ça d’l’air de quoi un drogué?

J’ai été surprise de voir comment tous le monde s’aimait, tous le monde rigolait, tous le monde agissait comme une grande famille. J’me sentais un peu comme dans un party de famille même. Ça m’a surprise de voir que j’me sentais chez nous, à un endroit que j’connaissais pas et avec des gens que j’connaissais pas aussi. C’était… accueillant.

Ça m’arrive de consommer, de manière modérée. Mais de là à dire que j’suis addict, non. Ça fait que j’me suis pas trop sentie interpellé en me rendant là-bas, t’sais s’tait juste pour un travail d’école. Et soudainement, pendant la soirée, contre toutes attentes, y’a eu un moment où j’me suis comme sentie bizarre. J’me suis pas sentie bien tout d’un coup. Et en les entendant parler de leur dépendance, en les voyants fiers de venir cueillir leur médaillon de 1,5,10 et même 30 ans de sobriété, j’ai comme eu un déclic. Je les voyais tout excités de lever leur main et annoncer haut et fort qu’ils n’avaient pas consommé depuis 2 mois. Et j’voyais la satisfaction des autres, applaudissant pour leurs confrères. Et j’ai comme eu envie de pleurer.

Parce que tout à coup j’avais envie, moi aussi, de lever ma main et dire à quel point j’étais fière. Fière, parce que j’ai pas tenté d’te contacter depuis un mois et demi. Fière, parce que j’me trouve courageuse d’avoir eu la force de t’dire tes quatre vérités avant d’prendre la décision d’te couper d’ma vie. Fière, d’avoir été fidèle à ma décision, pour une fois. Pis j’ai comme compris, à travers ce drôle de feeling dans mon ventre, que j’étais dépendante moi aussi. Et là, j’aurais dû me lever, dire mon nom et affirmer haut et fort que, moi aussi, j’suis dépendante. Dépendante à toi.

Pis de réaliser ça, ça m’a fessé en pleine face. Ça m’a rentré dedans tellement fort, comme si un train venait d’m’écraser le coeur. Et de les entendre parler de comment, y’a des hauts et des bas dans un sevrage. Et que même après 30 ans, y’a encore des semaines plus difficiles que d’autres, ou des jours plus vulnérables, mais qu’ils parviennent malgré tout à surmonter la douleur et ne pas succomber. Et ça, ça m’a donné espoir. De voir comment ils arrivaient à être heureux sans quelque chose qui leur a, autrefois, semblé vitale.

Pis j’me suis dit qu’un jour j’arriverais, moi aussi, à vivre sans toi.

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