Des miettes de coeur dans un bol de larmes.

Écoutes, ça va pas.

J’suis tellement pas aussi forte que j’le pensais, que j’aurais voulu l’être. J’ai d’la peine, tous les jours, tous les soirs, toutes les minutes criss. Je l’sais, une fille qui sacre c’est déplacé, pis t’aimes pas ça quand j’manque de classe. C’est juste que là j’suis comme tellement à boute. J’ai faite le tour de notre histoire dans ma tête des milliers d’fois. J’essaye encore de comprendre ce qui a pas fonctionné. Si c’était moi qui t’aimais trop ou toi qui m’aimais pas assez. Si j’te demandais plus d’investissement que tu pouvais m’en donner ou si c’était fair d’exiger le minimum.

Le plus difficile en ce moment j’te dirait que c’est d’essayer de faire le deuil de quelque chose qui a jamais existé. J’peux pas mettre un point finale à une relation qui a jamais débuté, c’est comme si il manquait une partie de l’équation.

J’aurais tellement aimé ça être plus. Plus toute. Plus assez pour que t’aies envie que j’sois à toi malgré les concessions de ce que la vie d’couple peut entrainer. C’est dur. Minou j’m’ennuie. On avait le genre de relation qui était pas si compliqué que ça finalement. On était confortable dans notre silence, chacun de notre côté. J’te connaissais par coeur, sans que t’aie à dire quoi que ce soit. Pis toi aussi, honnêtement j’crois que tu m’connaissais mieux que ma propre mère.

J’ai d’la misère à laisser entrer les gens autour de moi. J’suis super près de mes amies et de ma famille, mais y’a une limite que j’arrive pas à franchir avec eux. Avec toi on dirait que c’était différent, que j’me crissais d’avoir l’air conne, que j’étais même un peu plus nunuche quand t’étais là, que tu m’faisais perdre mes repères. T’es la seule personne à qui j’ai ouvert la porte et t’es la seule personne à n’avoir jamais voulu entrer.

J’suis perdue un peu. Parce qu’au fin fond, bin bin enterré, je l’sais que t’étais pas bien pour moi. J’aimerais ça, que quelqu’un m’aime de la façon que j’t’aimais. On dirait que j’ai peur de t’laisser aller, que j’me dis que sans moi tu cours à ta perte. C’est pas que j’me donne du mérite, j’suis loin d’avoir une si bonne estime de moi. C’est juste que tes amis te traitent pas comme tu mériterais d’être traité, qui croient pas en toi, qui t’permettent pas d’évoluer. On dirait que j’m’exprime mal pour te dire que moi j’y croyais, en ta réussite. Que j’te mettais sur un piédestal, bin haut, parce que j’étais en parfaite admiration devant toi. C’est fou, quand on dit que l’amour rend aveugle, c’est un peu vrai.

J’suis loin de m’imaginer que t’es parfait, t’as tes défauts et j’te garantie que tu en as plus qu’un, mais ces défauts là font parti de toi. Quand on tombe en amour c’est un package deal qu’on prend, tu prends l’autre comme il est, dans sa parfaite imperfection. J’étais prête à te prendre au complet, pis à te soutenir malgré tout, faut croire que pour toi c’était pas suffisant. C’est ça qui m’rend perplexe de la vie, j’me demande pourquoi y’a fallu que j’m’investisse autant dans quelque chose qui a mené nul part..

C’est à se demander si l’bon dieu fait pas exprès. Comment est-ce que la nature a pu m’faire tomber amoureuse de quelqu’un qui m’ferait jamais sentir spéciale. Et c’est vraiment ça, c’est vraiment qu’avec toi j’me sentais pas spéciale. J’ai jamais eu l’impression d’être ta priorité, j’ai jamais eu l’impression que t’avais pas envie de m’perdre, même quand tu disais l’contraire.

Le plus difficile c’est d’réaliser qu’encore aujourd’hui ça m’tue. Pis j’sais même pas si toi ça t’fais quoi que ce soit, j’sais même pas si y’en a déjà une autre dans ton lit, si tu penses à moi le soir avant d’aller dormir, si parfois quand tu tournes trop sec sur un coin d’rue tu m’vois encore m’agripper sur le bord de la porte, si quand tu passes au mcdo t’as encore ma commande de frites et crème glacée qui te passe par la tête, si tu regarde vers chez moi le matin en sortant de ton char pour aller travailler, si tu jettes un coup d’oeil rapide vers ma boutique quand tu te promène dans le centre d’achat où j’travaille, si toi aussi parfois t’écris un début de salut pis tu l’effaces plutôt que d’me l’envoyer..

J’peux juste plus, j’me trouve tellement pathétique là dedans.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s