Le reflet ennemi

Salut ma belle, j’t’écris juste un petit mot pour te dire que tu devrais pas t’en faire trop avec ça. Je sais, avec tous ce à quoi on est exposé aujourd’hui, le physique est rendu tellement important. Puis mine de rien dans ta tête l’importance de ton apparence a pris tellement d’ampleur au cours de la dernière année avec toutes les Kim Kardashian et le Kylie Jenner de ce monde. Même Lysandre Nadeau s’est fait injectée du botox dans les lèvres… À croire que c’est pratiquement rendu banal, la chirurgie esthétique.

Et toi, devant le miroir de ta petite salle de bain, dans ton appart d’étudiante que t’arrive à peine à payer avec tes prêts et bourses, tu te demande encore par quel moyen tu vas arriver à payer ton augmentation mammaire, pis secrètement tu rêves de t’offrir une légère liposuccion, juste histoire d’être un peu plus mince. Ce qui est difficile quand t’aime pas l’image que ton miroir te projette, c’est que c’est une réalité à laquelle tu dois faire face chaque jour. À force de te dégouter toi-même, tu finis par ne plus être bien dans ta peau et c’est tout à fait compréhensible.

Pis avec ta job chez TimHortons en plus de tes études tu commences à t’dire que tu vas devoir prendre le temps de s’queezer un tour au gym dans ton horaire déjà surchargé. Au pire, tu couperas dans le sommeil (comme d’hab). C’est pas juste de trouver le temps, mais c’est aussi le coût de ton abonnement hors de prix pour lequel tu vas être obligé de vendre ton rein à un dude un peu louche dans le fin fond d’une ruelle d’Hochelaga-Maisonneuve.

Pis, comme la plupart des filles tu vas avoir ta passe de “au pire j’vais juste devenir anorexique” et te rendre compte bin assez vite que la truie en toi laissera pas passer ça. Ça fait que tu fais l’tour des sites internet en te disant que les p’tites pilules miracles comme le Garcina sont sans doute la réponse à toutes tes questions. Et à force de lire sur le sujet ou peut-être même après en avoir commandé tu vas réaliser que finalement c’était un paquet de bullshit pis que t’as pas perdu une criss de livre. Crois-moi, venant de la fille qui s’est rendue au point de s’faire vomir après chaque repas, des solutions y’en a pas vingt mille.

Pis de croire que de perdre du poids ça va être facile, détrompes-toi, ça ne se fait pas en claquant des doigts. Pis c’est pas en privant ton corps de nourriture ou en mutilant ton estomac en régurgitant tout tes repas, ni en t’attaquant à ton métabolisme avec des pilules “miracles” que tu vas te sentir mieux dans ta peau.

Avec le temps j’ai appris à me regarder moi et non les autres. J’ai arrêté de me comparer aux gens qui m’entouraient. J’ai arrêté de vouloir peser 120lbs tandis je mesure 5pieds7. J’ai arrêté de vouloir ressemblr à des femmes qui n’auraient jamais le même gabarit que moi. J’ai réalisé que nos corps étaient tous différents et que le corps idéal n’existait pas. J’ai décidé de prendre soin de moi pour moi et non pour l’image que je voulais projeter aux autres. J’ai commencé à m’entrainer un peu plus sérieusement et à organiser mon alimentation de façon saine et contrôlée.

Partez pas en peur, j’me suis pas entraîné tous les jours dans un gym de renommé mondiale durant des heures interminables et selon un régime intransigeant. J’ai fait ça simple, et j’ai surtout pensé à long terme plutôt qu’à court terme. J’me suis pas dit que d’ici un mois et demi j’voulais avoir perdu 20lbs, ni que l’été prochain j’voulais avoir des abdos de rêve pour pouvoir me promener sur la plage sans avoir à me cacher le ventre avec ma serviette. J’me suis simplement dit que j’voulais faire ça pour mon bien et que j’voulais, à long terme, développer une meilleure santé physique. Faut être réaliste quand même, rome ne s’est pas faite en un jour.

Dans le vie, j’suis une ancienne fumeuse et j’fais de l’asthme alors j’ai surtout voulu améliorer mon cardio pour commencer. Ça fait qu’une fois aux trois jours j’allais courir au parc durant une vingtaine de minutes. J’dis courir mais j’vous garantie qu’au début c’était beaucoup plus de marche que de course. Tranquillement pas vite j’ai décidé d’y aller aux deux jours pour finalement le faire tous les jours. Pas besoin de vous expliquer qu’après un certain temps ton corps s’habitue pis tu finis par courir beaucoup plus et marcher beaucoup moins. Une fois de temps en temps j’ajoutais à mon entrainement des petits exercices tout simple que j’trouvais sur youtube (c’est fou tout ce à quoi on a accès de nos jours).

Puis c’est lentement devenu partie intégrante de ma routine. J’suis pas le genre de fille qui passait des heures au gym, mais j’ai réussit à perdre 20 lbs en deux ans et j’suis assez satisfaite. 20 lbs en deux ans c’est quand même pas tant que ça pour certains, mais j’ai une vie. Puis la réalité c’est ça, j’vais à l’école et je travaille et j’ai des amies et je sors et j’me paye la traite à travers tout ça. Du mcdo j’en mange encore, pis j’suis bin contente de savourer mon bigmac à 3h du matin après une soirée bien arrosée (et dieu sait que l’alcool aussi c’est assez calorique merci). J’suis quelqu’un qui adore la bouffe, et malheureusement j’ai un faible pour tout ce qui est super engraissant alors oui, malgré le temps alloué à l’exercice, du poids j’en ai pas perdu tant que ça. Mais 20 lbs c’est quand même 20 lbs de moins qu’il y a deux ans et ça me permet d’aimer mon reflet à nouveau. Et honnêtement c’est tout ce qui compte.

T’as pas besoin de te casser la tête avec des régimes de fou et des entraînement surdimensionnés, fais-le à ton rythme et selon tes propres limites et vise le long terme. Puis surtout, fais-le pour toi, pas pour les autres (OK peut-être un peu aussi pour faire chier ton ex parce que s’t’un gros cave de t’avoir laissé partir).

Les menstruations en 10 étapes.

Celui-là s’adresse à vous, les boys. À vous qui savez pas ce que c’est, une fois par mois, de se sentir toute sauf bien. À vous qui le vivez pas pentoute pis qui s’donnez le droit de dire qui le vivez pire que nous, les femmes. À toi, le frère un peu trop sans dessein qui a un jour dit à sa soeur de s’calmer pis d’aller se mettre un tampon. À toi, le boyfriend un peu deux watts qui s’est trouvé bin comique devant ses chums de gars “S’cusez l’attitude de ma blonde, est dans sa semaine“. À toi, le gars nowhere qui pense que j’ai refusé ses avances un peu trop déplacées au bar parce que j’étais supposément SPM. J’vous emmerde profondément, vous pis vos jokes plates sur les menstruations. Décroches, tu vas l’avoir dans 7 jours ta partie de jambes en l’air, fais-en pas tout un plat.

Je tiens à vous dire que c’est pas toujours facile, qui a des filles plus chanceuses que d’autres pis qui le vivent moins pire, c’est normal. On est pas toutes faites pareil. Je tiens à démystifier un peu le tout, histoire de savoir dans quoi vous vous embarquerez la prochaine fois qu’vous vous lancez sur une remarque débile à propos des règles. J’suis pas une féministe dans l’âme, mais de défendre mon droit à avoir une attitude de marde quand j’suis dans ma semaine, j’trouve ça important. J’vais vous l’expliquer, ce que c’est, histoire que vous compreniez un peu mieux.

1- Les crampes
On peux-tu en parler? As-tu déjà reçu un coup d’bat de baseball dans le ventre? Parce que j’peux t’assurer que la sensation est assez similaire merci. Le pire avec les règles c’est que c’est répétitif comme douleur, constant, pendant une heure, deux, même pendant toute une journée pour certaines. Ça arrête pas, un coup après l’autre. Pis c’est pas le genre de mal auquel tu t’habitues pis qu’après un an c’est devenu endurable, non. Et voulez-vous savoir un secret à propos des crampes? Elles sont tout le temps là. Que ce soit avant de tomber dans ta semaine, pendant, ou après parce que ton corps est en trin d’ovuler… Coucou! C’est nous! Les coups d’marteau sur ton utérus!

2- L’inconstance
Parce que si tu prends pas la pilule, y’a rien de moins certain que le jour et l’heure à laquelle elles vont décider de s’pointer le bout du nez. T’es comme toujours sur le qui-vive, faque des tampons traines-en. Pis si tu prends la pilule pis que t’es moindrement tête en l’air comme moi, bin y s’pourrait qu’un vendredi soir bin pompette t’oublies de la prendre. Pis que le lendemain à un souper bien arrosé bin tu l’oublies une seconde fois et que dimanche matin bin… Coucou! C’est nous! Les coups d’marteau dans ton estomac!

3- Les serviettes sanitaires/tampons
Parce que c’est déplaisant, tout simplement. Écoutes, des couches t’en porte à la naissance jusqu’à quoi? Trois ans? Bin moi j’te confirme que j’en porte encore le soir avant de dormir une semaine sur quatre. T’essayeras de porter un legging avec une serviette sanitaire sans que ça paraisse. Mets un jeans, me diras-tu avec ton sourire de fendant accroché aux lèvres, mais non merci. Si y’a une chose dont tu as besoin quand tu es dans ta semaine c’est au moins d’être confortable et des leggings c’est confo (beaucoup plus que des jeans). La serviette sanitaire, moyen confo j’te dirais. Et là on arrive aux fameux tampons… j’vous avoue qu’à treize ans, jeune prépubère que j’étais, me rentrer quelque chose là-dedans c’était assez particulier merci. Et non, c’est pas agréable surtout les premières fois. Si vous saviez combien de tampons j’ai gaspiller juste en l’ayant mis de la mauvaise façon, le ministre de l’environnement en serait choqué (parce que oui c’est super mauvais pour l’environnement les tampons en plus). Pis c’est compliqué, faut les changer après un certain temps au risque de développer le cancer du col de l’utérus au passage (rien que ça t’sais). Il devrait exister des congés de menstruations payés où pendant une semaine tu t’installe dans un bain (parce qu’enfin ça coule pas) à relaxer et lire un livre le temps que ça passe. Si le séjour au spa pouvait être payé en plus ce serait pas pire pentoute Monsieur Trudeau, notez ça dans vos prochains projets de lois.

4- Le manque de serviettes sanitaires/tampons
Parce que t’en a jamais assez. Parce que t’as soixante quinze mille boites de tampons dans ta maison, que t’as une poignée qui traine dans chacune de tes sacoches, mais que la journée où t’en a vraiment besoin t’es partie avec la seule sacoche de la maison qui en a pas. Faut tu être assez malchanceuse pour que ça t’arrive à chaque criss de fois. Rien de plus frustrant que d’être encore pogné à aller à la pharmacie sur ton heure de lunch au pas de course parce qu’il est plus que temps que tu change de tampon pis qu’tu viens de réaliser que la pochette spéciale de ta sacoche était vide. Pourtant tu l’avais remplie le mois dernier, non?

5- Le lavage, criss
On se le cachera pas, ça nous arrive toutes. Encore, après dix ans de menstruations, on en est toujours à ce stade-là. Que ce soit nos draps de lit ou notre string préféré, une fois de temps en temps, on tache dequoi. Aweille ma fille, sort la p’tite chaudière pis le oxyclean qu’on fasse tremper ça. Les criss de culotte à 25$ du Victoria Secret que t’as acheté la semaine dernière… Vidanges. Ça fait qu’on s’ramasse avec deux tiroirs de bobettes, celles qu’on aime, pis les autres. Les bobettes-d’une-fois-par-mois, comme j’aime les appeler. T’sais celles qui sont plus vieilles pis que ça te dérange moins de crisser aux vidanges, celles qui t’ont pas coûté un bras, surtout.

6- Le sang
Sincèrement, juste parce que c’est dégueulasse. J’m’étirerai pas en long et en large sur le sujet, mais ça coule, c’est chaud, c’est odorant, c’est désagréable, ça a une texture plus que particulière, c’est inconfortable… Pis t’sais, tu perds du sang à profusion, j’veux dire c’est tout un feeling awkward qui s’passe icitte.

7- Les maux de jambes
Parce que non t’as pas juste mal au ventre. T’as les jambes molles aussi, faibles, pis t’as l’impression d’avoir marché pendant 4 ans de ton lit à ta toilette.

8- La température
On va se l’dire, la température extérieure joue tout un rôle dans notre bien être quand on a nos règles, nous-les-filles-d’Ève-la-conne-qui-a-croqué-dans-la-pomme. Parce que l’hiver à -40 quand tu te gèle le cul dehors pis qu’on corps est tout raide pis qu’tu fais des mouvements saccadés pendant qu’c’est l’gros party en bas pis qu’ça coule à flot là-dedans… T’as juste le goût de rester couché dans ton lit en position foetale avec un sac magique sur le ventre pis une grosse doudou qui a passé 30 minutes dans la sécheuse. Pi l’été… Tout un contraste ma fille! Y’a rien de moins agréable que de sortir dehors en plein été pendant qu’tes dans ta semaine. Comme si tu te sentais pas déjà assez dégueulasse comme ça, avec la chaleur accablante pis la sueur qui s’empare de toi, faut en plus que t’aille l’entre jambe encombré. Les serviettes sanitaires l’été, oublies ça, 15 minutes dehors pis y va faire assez chaud en bas que l’inconfort va s’installer assez rapidement. Pis les tampons, à la plage et à la piscine, on s’entends-tu que s’t’une source de stress constante. Est-ce que mon fil dépasse? Non, c’est beau. Pis 20 minutes plus tard, est-ce que mon fil dépasse? Non? Ok. Pauvre toi, la fille au beach club à qui j’ai été obligé de dire que sa corde de tampon dépassait dans le cou du gros douchebag qui la tenait sur ses épaules… J’te plains, c’était malaisant, j’compatis, ça aurait pu m’arriver à moi aussi. Ça fait que plus souvent qu’autrement, même si tu te dis libre, tu sors le moins souvent possible parce que la chaleur fait juste empêcher la coagulation pis t’as l’impression d’avoir une champlure à l’intérieur de l’utérus. Fuck you dame nature.

9- Les hormones
J’ai l’air du produit de concubinage entre KingKong et Godzilla quand j’suis dans ce moment du mois et croyez-moi que vous auriez raison de m’abattre Harambe style (lol) si vous aviez le malheur de me croiser durant mes crises hormonales. T’as comme un super gros boost d’hormone qui fait en sorte que t’es toujours à pique et à fleur de peau. J’peux passé de gros sanglots à j’ai des flammes dans les yeux et tassez vous de dl’à parce que ça va brasser. En plus, allo les hormones, ce sont les meilleures amies des boutons et ceux-ci se pressent d’apparaître dès le début de nos règles histoire de tourner le fer dans la plaie. J’t’emmerde toi mon beau gars qui a eu sa phase acné en secondaire 4 et qui n’a plus à se soucier de ça aujourd’hui.

10- Les hormones (oui, oui, encore!)
Sacrées hormones, elles ont tout un effet sur nous les femmes (un peu comme la testostérone pour les gars mais pas pentoute pareil finalement). Les hormones font apparaître un espèce de craving intense, c’est incontrôlable. Et là, je parle de deux types de craving. Y’a d’abord celui de la bouffe, parce que fouilles-moi pourquoi, le chocolat est le meilleur amie de la fille dans sa semaine. T’as TOUT LE TEMPS faim. Et quand je dis faim je parle pas d’avoir faim pour manger un sauté au poulet là, j’te parle du j’ai faim j’veux du PFK le vari baril au complet, une douzaine de beignes boston au chocolat et trois bigmacs s’il te plait. Et non, c’est pas pour partager. Faque en plus de te sentir super ballonnée, tu manges le contenu d’un mois de repas histoire de prendre 15 lbs en 7 jours. Le deuxième craving est un peu plus d’ordre sexuel. Oui oui, nous aussi on en a très envie quand vous nous le demandez et qu’on vous répond le fameux pas cette semaine. Parce qu’avec les hormones dans le tapis croyez-moi que notre libido est à son maximum et que nous aussi on aurait envie de get laid, mais qu’on peut pas et que ça nous fait sans doute beaucoup plus chier nous que vous. Et non, dans la douche c’est pas quelque chose qui plait à tout le monde surtout quand t’as déjà les Coucou! C’est nous! Les coups d’marteau dans ton estomac! qui te hantent depuis trois jours.

C’est l’étape de notre vie qui souligne notre passage de fille à femme et j’vous garantie que j’me suis jamais sentie aussi moins femme que lorsque j’suis dans mes périodes. À me sentir toute ballonnée et porter des vieux joggings lousses avec un gros hoodie et trois cent soixante quinze mille boutons au visage… Allo la féminité.

J’ai chaud, j’ai mal, j’ai froid, j’me sens faible, j’ai l’impression de m’vider de mon âme, j’en peux plus, j’portes une COUCHE SACRAMENT, as-tu besoin d’une raison de plus pour que je sois en criss d’être dans ma semaine? As-tu besoin d’une raison de plus pour justifier mon attitude de marde aujourd’hui? Non. J’ai tous les droits d’être en maudit pis de rejeter mes émotions sur ceux qui ont le malheur de croiser ma route aujourd’hui. J’vous l’dis, j’m’en excuse d’avance si jamais vous m’croisez dans une de mes mauvaises journées du mois, mais y’a rien de plus naturel que ça. Et être à ma place tu réagirais sans doute pareil. J’aimerais ça moi te voir saigner du gland une semaine par mois histoire de te demander comment tu te sens.

J’vous le dédicace, ce texte-là, mesdames. Vous méritez toute une main d’applaudissements pis toute une médaille pour ce que vous endurez chaque mois. Sérieux, c’est vraiment loin d’être facile à gérer.

Décroches un peu

Shout out à vous, ma famille, mes amies, mes collègues. Shout out à vous pour avoir été capable de m’endurer aussi longtemps, de me voir tous les jours et de m’écouter me plaindre sur tout et rien.

J’ai la chance d’avoir autour de moi des gens merveilleux. Avec le temps j’ai compris que de m’allier aux autres c’était vraiment quelque chose pour quoi j’étais doué. J’aime la vie, plus que tout, j’aime sourire, j’aime rire, j’aime chanter, j’aime sauter, j’aime être heureuse et par dessus tout rendre les autres heureux. Ce que j’essaie de vous expliquer ici c’est que la vie c’est tellement plus simple qu’on le pense.

J’te parle à toi, qui struggle avec tes études et tes dettes et ta job en continuant sans arrêt de te demander si t’as fais le bon choix pour ton cheminement d’avenir. J’te parle à toi, qui à 22 ans en est toujours à sa première année d’université parce que 5 fois tu as changé d’idée en cours de route et que t’es pas encore certaine d’être sur la bonne voie. T’es pas toute seule, sérieux, moi aussi j’croyais qu’à 25 ans j’aurais une maison, un mari, une job stable et que je serais prête à avoir des enfants. À regarder où j’en suis aujourd’hui, j’suis plus partie pour quitter mes parents à 30 ans une fois les études terminées afin de me payer un appartement de marde au fin fond de verdun et sans doute finir par me faire inséminer parce que l’amour est quelque chose de beaucoup trop compliqué t’sais. T’inquiète pas, la recette miracle du succès n’existe pas, tu vas faire ton chemin à ta façon et à ton rythme et j’te promets que tu vas finir par te trouver.

J’te parle à toi, qui passe ses journées à se tourmenter à cause d’un gars, un autre encore, pis qui se demande pourquoi elle tombe toujours sur des caves. À toi qui pensais que l’amour c’était comme un film pis qui s’est rendu compte assez vite que c’était beaucoup plus de trouble qu’autre chose. Respires ma belle, moi aussi j’croyais que j’tomberais amoureuse de mon meilleur ami et qu’il me ferait passer avant tout et que ce serait simple comme bonjour. Non, l’amour c’est tellement loin d’être simple et les sentiments c’est tellement quelque chose de difficile à gérer. Je sais que t’as mal et que t’aurais voulu que ça marche, je sais que t’as tout donné et que tu comprends pas pourquoi. Dis-toi que (et tu vas m’trouver conne en criss de te shooter cette phrase là) c’est pas toi, c’est lui. J’te promets que tu vas réaliser un jour que t’es beaucoup mieux sans lui et, sans l’admettre, qu’il réalisera qu’il était beaucoup mieux avec toi.

J’te parle à toi, qui gradue son secondaire cette année et qui devrait stresser au sujet de sa robe de bal plutôt qu’aux nombres de likes que tu reçois sur tes réseaux sociaux. À toi qui se fait bombarder de standards émis par les Kylie Jenner de ce monde et qui se sent obligée de passer une heure de demie devant le miroir avant d’aller à l’école. Ma fille, je ne me suis pas maquillé une seule fois de tout mon secondaire et crois-moi, j’ai survécu. Des boutons moi aussi j’en avais, tous le monde en avait, c’est les hormones, c’est ton corps qui change et c’est dégueulasse j’en convient, mais c’est surtout très très passager. J’connais de filles qui se sont beurré épais de fond de teint et qui ont la peau plus que magannée aujourd’hui. Ça va peut-être te sembler stupide, mais à la plage j’aime mieux être la fille qui profite des vagues et qui plonge tête première que celle qui reste planté sur une chaise à une chaleur extrême de peur d’abimer son maquillage ou de gâcher son brushing. J’te garantie que la fille numéro 1 à beaucoup plus de fun que la deuxième quoi que sans doute beaucoup moins de likes que la deuxième, à chacun ses priorités.

J’vous parle à vous tous, qui avez vous aussi autour de vous des gens merveilleux. J’vous demande de prendre le moment de les visualiser un après l’autre dans votre esprit et d’vous dire qui a rien au monde finalement qui compte plus que ça. Que l’école et le travail et l’apparence et tous les petits soucis représentent tellement rien, c’est pas important. Que pour ces gens là tout ce qui compte c’est de vous voir sourire, que vous soyez médecin ou barman ou chanteur d’opéra et ce, peu importe la marque de contouring que vous utilisé.

J’ai des amies qui m’aiment pour ce que je suis, t’en as toi aussi, le reste est impertinent.

Je te présente mon je ne sais quoi..

Salut maman,

Je tenais à t’écrire aujourd’hui parce qu’on communique pas tellement bien toi et moi. J’ignore pourquoi d’ailleurs, parce que t’as toujours montré que t’étais-là pour moi et t’as toujours été ouverte et réceptive à tout ce que je pouvais bien te raconter. Mais parler d’amour avec toi on dirait que je suis juste pas capable. Parler d’amour tout court c’est un défi en soi.

Quand tu m’as demandé des milliers de fois pourquoi j’avais pas encore de ptit chum et si y’avait des gars qui m’intéressaient ou si moi-même j’étais intéressé à rencontrer quelqu’un, j’ai toujours été un peu évasive. Y’a même une fois où tu m’as demander, en riant, si j’étais pas peut-être intéressé par les filles puisque j’avais jamais vraiment eu de vrai chum au cours de ma vie. Non, les filles m’intéressent pas. La vérité c’est que j’ai menti maman. Je sais pas pourquoi, mais j’étais pas capable de m’ouvrir à toi et pourtant j’avais toutes les raisons du monde de le faire.

La vérité maman c’est que l’amour c’est plus ce que c’était. Et de t’avouer simplement que j’avais un copain spécial me semblait trop compliqué. La vérité c’est que c’était juste du cul, au début, puis que j’ai fini par développer beaucoup plus que ça. La vérité c’est que j’suis tombée amoureuse de lui et que j’ai jamais cessé de l’aimer depuis. Et de t’en parler c’était trop difficile parce que j’me sentais tellement conne d’aimer quelqu’un pour qui c’était pas réciproque. J’me sentais tellement conne d’être amoureuse d’une personne qui m’traitait comme un objet. J’me sentais tellement conne d’imaginer qu’un jour il serait assit à côté de moi à un de nos party du réveillon, qu’il rentrerait avec nous à la maison après pour déballer les cadeaux autour du foyer à 3h du matin et qu’il me serrait fort dans ses bras le 31 décembre à minuit en me murmurant qu’il est heureux qu’on débute une nouvelle année ensemble.

Maman j’ai tellement voulu que ça marche pis j’me suis tellement investie corps et âme dans cette relation que j’avais honte de te dire que oui j’voyais quelqu’un et que oui je l’aimais plus que tout, mais que non j’étais pas si heureuse que ça. J’pouvais pas te dire qu’un être important faisait parti de ma vie quand un mois sur deux j’arrêtais de lui parler parce que c’était le pire trou d’cul que dieu ait pu envoyer sur terre. J’pouvais pas t’expliquer que j’avais si peu d’respect pour moi que j’acceptais, malgré moi, d’être traité comme un déchet par espoir qu’un jour les choses puissent êtres différentes.

La vérité c’est que pour lui j’étais importante une fois sur deux et que ça me tuais de le voir regarder ailleurs. La vérité c’est que plus le temps avançait et plus j’me trouvais conne d’être encore tombée dans le panneau. La vérité c’est que j’ai pas été assez forte pour imposer mes règles et que j’ai pas exigé de respect de sa part, mais encore moins de la mienne. La vérité maman c’est que je l’ai laissé me faire tellement de mal que j’en pleur encore aujourd’hui à tous les soirs de ma criss de vie et ça me tue maman. Ça m’tue d’avoir aussi mal, ça m’tue d’avoir ENCORE mal pour quelqu’un qui n’en a jamais rien eu à foutre.

Maman je lui ai tout donné et tout ce que j’avais à offrir c’était pas suffisant pour lui. Si tu savais ce que c’est que de ne pas être suffisante pour quelqu’un, je le souhaite à personne, c’est le pire sentiment. J’me suis couché tous les soirs et tous les matins durant plus de deux ans en me demandant sans cesse s’que j’faisais de pas correct. De pourquoi j’étais pas assez, de pourquoi il m’aimerait jamais de la manière que moi je l’aimais. Le pire, maman, c’est que je l’ai laissé partir avec le peu de dignité qui me restait et le peu d’estime que j’avais réussit à conserver.

Maman je l’aime tellement fort, encore aujourd’hui, même après tout ce qu’il m’a fait vivre, même après toute la peine, même après mon coeur qui pince si fort dans le creux de ma poitrine… je l’aime d’amour. Je l’aime maman et j’ai mal.

Des miettes de coeur dans un bol de larmes.

Écoutes, ça va pas.

J’suis tellement pas aussi forte que j’le pensais, que j’aurais voulu l’être. J’ai d’la peine, tous les jours, tous les soirs, toutes les minutes criss. Je l’sais, une fille qui sacre c’est déplacé, pis t’aimes pas ça quand j’manque de classe. C’est juste que là j’suis comme tellement à boute. J’ai faite le tour de notre histoire dans ma tête des milliers d’fois. J’essaye encore de comprendre ce qui a pas fonctionné. Si c’était moi qui t’aimais trop ou toi qui m’aimais pas assez. Si j’te demandais plus d’investissement que tu pouvais m’en donner ou si c’était fair d’exiger le minimum.

Le plus difficile en ce moment j’te dirait que c’est d’essayer de faire le deuil de quelque chose qui a jamais existé. J’peux pas mettre un point finale à une relation qui a jamais débuté, c’est comme si il manquait une partie de l’équation.

J’aurais tellement aimé ça être plus. Plus toute. Plus assez pour que t’aies envie que j’sois à toi malgré les concessions de ce que la vie d’couple peut entrainer. C’est dur. Minou j’m’ennuie. On avait le genre de relation qui était pas si compliqué que ça finalement. On était confortable dans notre silence, chacun de notre côté. J’te connaissais par coeur, sans que t’aie à dire quoi que ce soit. Pis toi aussi, honnêtement j’crois que tu m’connaissais mieux que ma propre mère.

J’ai d’la misère à laisser entrer les gens autour de moi. J’suis super près de mes amies et de ma famille, mais y’a une limite que j’arrive pas à franchir avec eux. Avec toi on dirait que c’était différent, que j’me crissais d’avoir l’air conne, que j’étais même un peu plus nunuche quand t’étais là, que tu m’faisais perdre mes repères. T’es la seule personne à qui j’ai ouvert la porte et t’es la seule personne à n’avoir jamais voulu entrer.

J’suis perdue un peu. Parce qu’au fin fond, bin bin enterré, je l’sais que t’étais pas bien pour moi. J’aimerais ça, que quelqu’un m’aime de la façon que j’t’aimais. On dirait que j’ai peur de t’laisser aller, que j’me dis que sans moi tu cours à ta perte. C’est pas que j’me donne du mérite, j’suis loin d’avoir une si bonne estime de moi. C’est juste que tes amis te traitent pas comme tu mériterais d’être traité, qui croient pas en toi, qui t’permettent pas d’évoluer. On dirait que j’m’exprime mal pour te dire que moi j’y croyais, en ta réussite. Que j’te mettais sur un piédestal, bin haut, parce que j’étais en parfaite admiration devant toi. C’est fou, quand on dit que l’amour rend aveugle, c’est un peu vrai.

J’suis loin de m’imaginer que t’es parfait, t’as tes défauts et j’te garantie que tu en as plus qu’un, mais ces défauts là font parti de toi. Quand on tombe en amour c’est un package deal qu’on prend, tu prends l’autre comme il est, dans sa parfaite imperfection. J’étais prête à te prendre au complet, pis à te soutenir malgré tout, faut croire que pour toi c’était pas suffisant. C’est ça qui m’rend perplexe de la vie, j’me demande pourquoi y’a fallu que j’m’investisse autant dans quelque chose qui a mené nul part..

C’est à se demander si l’bon dieu fait pas exprès. Comment est-ce que la nature a pu m’faire tomber amoureuse de quelqu’un qui m’ferait jamais sentir spéciale. Et c’est vraiment ça, c’est vraiment qu’avec toi j’me sentais pas spéciale. J’ai jamais eu l’impression d’être ta priorité, j’ai jamais eu l’impression que t’avais pas envie de m’perdre, même quand tu disais l’contraire.

Le plus difficile c’est d’réaliser qu’encore aujourd’hui ça m’tue. Pis j’sais même pas si toi ça t’fais quoi que ce soit, j’sais même pas si y’en a déjà une autre dans ton lit, si tu penses à moi le soir avant d’aller dormir, si parfois quand tu tournes trop sec sur un coin d’rue tu m’vois encore m’agripper sur le bord de la porte, si quand tu passes au mcdo t’as encore ma commande de frites et crème glacée qui te passe par la tête, si tu regarde vers chez moi le matin en sortant de ton char pour aller travailler, si tu jettes un coup d’oeil rapide vers ma boutique quand tu te promène dans le centre d’achat où j’travaille, si toi aussi parfois t’écris un début de salut pis tu l’effaces plutôt que d’me l’envoyer..

J’peux juste plus, j’me trouve tellement pathétique là dedans.

Vas te faire foutre.

J’ai passé les premiers jours à me morfondre, à me tapper sur la tête et me demander tous les soirs pourquoi j’avais pas été assez suffisante pour toi. Les semaines suivantes, j’ai pleuré dans mon lit la main sur la bouche à m’empêcher d’hurler des cris inaudibles parce que mon coeur pesait mille tonnes suite à ce que tu m’as fait traverser. J’ai pensé durant des mois que la douleur ne partirait jamais et que j’étais voué à une peine incessante.

Pourtant, comme le dis le dictons; le temps fait bien les choses et peu à peu j’ai finis par tourner la page. J’ai recommencé à sourire un bon matin et j’ai retrouvé, dans le miroir, la fille que j’étais autrefois. J’ai repris le cours de ma vie, j’ai repris l’école, j’ai donné mon 110% au travail et j’me suis démené comme une folle dans toutes les sphères de ma vie. J’ai excellé dans tous ce que j’ai entrepris au cours des six derniers mois et je me suis vue m’épanouir comme je n’l’avais pas fait depuis déjà un moment.

C’est alors que du jour au lendemain tu te pointe de nul part avec ta barbe de mille ans et tes p’tits yeux piteux. Après tous ce temps là, quand j’ai attendu jour après jour que tu daigne prendre de mes nouvelles, après SIX MOIS, tu reviens dans l’décor?

J’dois l’admettre, ma première réaction en voyant ton message texte à été de vouloir noyer mon cellulaire dans la toilette public la plus près. Puis, un certain malaise s’est emparé de moi et j’ai comme eu le coeur serré l’espace d’un moment. C’est comme si la Terre s’était arrêté d’tourner juste parce que soudainement t’avais envie d’me voir. Cette soirée là j’ai tellement rien compris, j’ai tellement eu envie de croire que t’étais un cave que j’ai été d’autant plus surprise de réaliser que t’avais vraiment changé. Si autrefois tu n’t’étais jamais intéressé à moi sur une autre perspective que pour du cul, cette fois-ci t’as vraiment fait fort en m’interrogeant sur tout et rien. Tu savais pour mes cours, tu savais pour mon voyage, tu savais pour tout et ça t’intriguait. Tu m’as posé des questions, tu t’es intéressé de A à Z à chacune des facettes de ma vie avec les yeux pétillants, comme si t’en avais réellement quelque chose à foutre.

En toute honnêteté j’ai été distante parce que j’ai douté de tes intentions. J’ai surtout été distante parce que la dernière fois qu’tu m’as laissé en plan, j’ai perdu toute confiance en toi que j’pouvais avoir. Au début j’ai été fermé et j’ai pris du recul, mais ça pas pris de temps que j’me suis re-ouverte à toi et ce, de toutes les manières possibles. J’ai pris la peine de piler sur mon orgueil pour te pardonner et te laisser entrer dans ma vie à nouveau.

Dans l’fond tomber en amour s’t’un peu comme rentrer dans un mur pendant qu’tu textes pis qu’tu regardes pas devant toi. T’es tellement préoccupé pis obnubilé par ton p’tit monde que tu finis par oublier le reste autour de toi. S’comme si la Terre arrêtait d’tourner pis que plus rien existait et que plus rien n’avait jamais existé. Tu regardes pas devant toi pour ce qui te parait être deux secondes pis le temps de l’dire t’as l’amour d’étampé dans l’front en guise de puck bleue qu’tu t’es faites en heurtant l’mur. T’as pas l’temps de crier ciseaux qu’tu l’vois déjà dans ton bol de céréale le matin, pis qu’il accapare déjà la moindre de tes pensées en classe quand l’prof parle un peu trop vite d’un sujet un peu trop plate à une heure un peu trop tôt.

Tomber en amour s’comme frapper un mur en pleine face. Y’a rien d’bien grave là-dedans, ça surprend c’est tout. Pis tu l’sais qu’tu vas être correct après, que c’est juste un mur t’sais. Mais tu t’inquiète pareil, parce que d’un coup que, toi la pas-chanceuse-pour-cinq-cennes, tu t’tappes une commotion en bad-luck. Avec toi, c’est plus comme se crisser la tête devant un ventilateur pis manger le coup des volants un après l’autre… Un peu comme frapper un mur, mais quinze fois de suite à 600 millions de kilomètres heure. Des commotions j’dois être rendue immunisé à ça, c’t’encore un miracle que j’sois ici aujourd’hui. Parce qu’honnêtement je sais pas comment j’ai fait pour survivre à ça. Pour survivre à toi.

T’étais mon plus plus, pis j’voulais tellement croire fort que c’était différent cette fois que j’me suis pas rendu compte que j’recommençais à rêver à un nous qui n’existerait jamais. Le fameux nous, je l’ai tellement attendu tu sais. J’l’ai tellement idéalisé, je l’ai tellement convoité, je l’ai tellement souhaité au plus profond de mon âme en y mettant tout les p’tits s’il vous plait du monde et toutes les plus belles attentions. J’ai été tellement déçue par toi. J’suis tellement déçue.

C’est dégueulasse de se servir des gens comme ça, juste parce que tu t’sens trop seul dans ta vie plate de gars qui calisse absolument rien. T’as tout le potentiel nécéssaire pour réussir pis tu le gaspille. T’as du coeur pis des valeurs extraordinaires, mais l’authenticité apparemment n’en fait pas partie. C’est plate, de te voir suivre tes amis comme ça, comme un osti de mouton.

Fuck you, toi pis ton p’tit monde d’hommes qui s’prennent encore pour des dudes de quinze ans. C’est comme si tu venais de découvrir ta sexualité criss, à sortir dans des clubs bâtards avec ta gang de gars sur la cruise bin raide avec une gang de filles bin-trop-jeunes pour vous. Come on, me semble que tu vaux plus que ça, me semble que moi en tout cas j’vaux plus qu’elles. Pis l’alcool, j’veux dire c’est tu juste moi qui trouves pas ça normal qu’à ton âge t’aie toujours pas appris à boire? Y’as tu juste moi qui pense que c’est exagéré de boire à toujours finir décalissé comme ça? C’est bin beau vouloir avoir du fun, mais grandi un peu, j’veux dire t’sais, t’es capable d’être responsable. Pis de renifler comme une souffleuse à tous les jours parce que toi pis tes boys vous venez de découvrir ça, la drogue, tu penses tu vraiment que c’est cool? Pour moi, en tout cas, ce l’est pas. C’est pas les plans que j’avais pour nous, pis j’osais espérer que c’est pas les plans que t’avais pour toi-même.

J’te déteste, pour tous les bons moments qu’on a pu vivre. J’pensais pas dire ça un jour, mais j’aurais aimé jamais t’avoir rencontré. J’aurais aimé avoir jamais vécu tous nos fou-rires, toutes nos sorties, toutes les taquineries, tout. Juste tout en général, j’aurais aimé l’avoir jamais vécu. J’t’en veux de m’avoir fait ressentir autant de belles émotions pis de les avoir écrasées en toute impunité. Tu m’as floué je sais plus combien de fois, j’ai perdu le compte honnêtement. Tu peux être fier sérieux, une bonne main d’applaudissements pour toi, parce que t’as réussi à m’faire gober tes conneries à chaque calisse de fois. J’espère que t’es content, de m’avoir détruite. Parce que oui, t’as réussi, j’suis à terre aujourd’hui, j’suis au fin fond du puit et j’arrive plus à me relever, J’suis K.O. c’est terminé, t’as gagné.

T’as eu ce que tu voulais, j’ai d’la peine. Pis de dire que j’ai d’la peine c’est même plus suffisant pour exprimer à quel point j’me sens déchiré en dedans. Bravo, j’ai rien d’autre à te dire que ça. Bravo d’être un calisse de sans dessin, un esti de trou d’cul pis un beau criss de chien sale.

Le comment du pourquoi

Ce qui s’est passé j’peux pas vraiment l’expliquer. Quand les gens me demande comment ça va avec toi j’fais juste répondre vaguement que c’est terminé pis que c’est mieux comme ça. Mieux comme ça…

La vérité c’est que quand ils me demandent pourquoi et bin j’suis un peu sans mots, parce que je le sais pas moi-même. Comment expliquer aux gens que c’est finit quand ça a jamais vraiment commencé? T’as toujours été comme ça t’sais, mi-chaud mi-froid. Le problème c’est que ta nonchalance j’ai finis par la prendre un peu (beaucoup) personnel. Ça m’faisais mal, tu vois, de m’dire que t’en avait absolument rien à foutre. J’t’aimais tellement fort que j’osais pas croire que ça pouvait pas être réciproque. Tes yeux parlaient pour toi, pis ton regard était tellement plein de sincérité que j’pouvais pas concevoir que tu ressentais pas la p’tite étincelle toi aussi.

Pis j’pense qu’à force de t’aimer trop j’ai oublié de m’aimer moi-même. J’ai oublié de m’écouté, de m’prendre en considération. J’ai oublié que j’faisais moi aussi partie de l’équation, que nous deux c’était pas juste toi, que c’était moi aussi. T’étais mon être humain. T’étais ma personne, celle qui m’faisait me sentir mieux par ta simple présence. Pis j’pense que dans l’excessivité t’es devenu mon monde. C’est pas ta faute si j’t’ai placé au sommet de mes priorités alors que j’faisais même pas partie des tiennes.

J’crois que ce qui m’a fait changé d’idée c’est de m’être reveillé un matin et d’avoir réalisé que j’avais changé. Que j’étais plus celle que j’étais avant. Qu’autant tu m’apportais joie et bien être, autant tu m’apportais angoisse et peine. J’suis devenue anxieuse, à force de trop vouloir être ta personne, j’me suis fait du mauvais sang. J’ai comme arrêté de prendre soin de moi. À quel moment dans la vie est-ce qu’une personne arrête, comme ça, de prendre soin de soi?

Y’a pas une journée où tu m’manques pas. Et honnêtement j’m’endors encore de peine et de misère le soir parce que j’ai la tête remplie de trop de souvenirs avec toi. J’mentirais en disant que j’m’en sort quand même pas pire sans toi. Parce que c’est fou comment ça m’pese en dedans. Ou en te disant que j’te vois pas à travers chacun des p’tits détails de ma journée. Que j’m’imagine pas te raconter ce qui s’est passé la semaine passée dans mon cours à l’université ou le genre de cliente qui s’est pointé à ma job vendredi dernier.

J’essaye fort de faire bonne figure tu sais. Mais c’est difficile. C’est difficile de m’dire que t’as jamais essayé d’comprendre ma décision, que t’as jamais posé de questions quand j’tai dit que j’voulais plus te voir. Que t’as demandé absolument aucune explications, que t’as simplement acquiescé, comme si tout s’qu’on avait vécu avait jamais eu aucune importance pour toi. T’as simplement accepté de m’laissé partir sans même te battre quelque peu pour moi, comme si tu voulais que j’men aille. Ça m’a tué. Si j’étais pas déjà au fond alors là j’ai tappé le sol assez vite merci. C’est comme si t’avais pas envie d’prendre soin de moi, comme si de savoir que j’étais brisée ça t’étais bien égal.

J’me suis faite trop d’attentes avec toi, une fois de plus. Pourtant j’aurais du avoir ma leçon, avec les quinze autres fois d’avant.

Faut croire que non.