R. en paix

Salut mon coeur,

Comment tu vas? Question assez conne, je sais. Pas super, j’imagine. J’comprend, j’suis tellement désolée pour ta perte, ça m’pogne au coeur. C’est fou, comment certains moment peuvent durer une éternité et comment la vie, elle, peut s’éteindre en un souffle. J’ai mal en dedans pour toi, pour vous. J’ai mal pour ta mère, qui resplendi toujours de joie et qui doit être dévastée aujourd’hui. J’ai mal pour ton père, ton frère et ta soeur, parce que je les aime comme ma propre famille. J’ai mal pour tous les autres, parce que ce sont des gens que tu aimes et qu’ils souffrent. J’ai mal pour toi dommy, j’ai envie d’être là, j’ai envie de te prendre dans mes bras et te dire que ça finit par passer, la douleur dans ton estomac.

C’est con. Dire qu’il y a deux jours on se disait adieu tous les deux sans savoir qu’aujourd’hui tu dirais adieu pour de vrai. J’me sens égoïste, d’être en colère contre toi sachant qu’aujourd’hui tu vies un deuil des plus déconcertants. Je savais pas tu sais, que c’était imminent. J’me sens égoïste de pas l’avoir su, j’veux dire y’a bin quelque chose quelque part que j’ai manqué, si j’étais pas au courant qu’un de tes êtres chers était mal en point. J’aurais dû être là pour toi, assez pour que t’aie envie de me confier ta peine.

J’ai jamais vraiment pris la peine de demander, comment c’était vous deux. Le genre de relation que tu entretenais avec ton grand-père maternel, j’ai jamais su si vous étiez proches tant que ça. J’imagine que oui, pour les fois que je vous ai vue ensemble.

Je le connaissais pas beaucoup, à peine pour être honnête. Je crois que j’peux dire que je l’aimais bien, surtout parce qu’il avait du goût. Après tout, il me disait quand même que j’étais une belle jeune femme. Tu sais de qui tenir ton petit air de charmeur en tout cas.

Tu sais, j’suis quand même là. Malgré les choses moins belles qu’on ait pu se dire au cours des derniers jours, j’suis toujours présente pour toi. J’veux que tu saches que tu peux me faire confiance, que tu peux t’appuyer sur mon épaule si t’as besoin d’un coup de main pour te relever, j’te laisserai pas tomber. Je sais que ça peut avoir l’air du contraire, je sais que j’peux avoir l’air de t’abandonner dans un moment difficile, mais c’est pas le cas. C’est difficile pour moi aussi tu sais, de piler sur mon orgueil, mais c’est quelque chose que j’suis prête à faire n’importe quand si ça signifie que j’peux t’aider d’une quelconque manière à passer au travers de tout ça.

Je t’aime, believe it or not, ta peine m’affecte aussi et jamais dans 100 ans j’te souhaiterais malheur. J’ai toujours juste voulu ton bien être, et encore aujourd’hui la seule chose qui m’importe c’est que t’esquisse un sourire sur ton visage à nouveau.

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Prières

Grand-mère, je sais comme juste pu à qui m’adresser tu vois. J’m’excuse tu sais, de fixer mon plafond de chambre en pleurant le soir dans mon lit et en t’implorant d’faire en sorte que ma vie se déroule un peu mieux. Je l’sais qu’tes comme en vacances en haut, que c’est ton moment de paix à toi, que la vie sur Terre c’est terminé pour toi et que t’as pu à dealer avec ce genre d’affaires-là. C’est juste que c’est plus fort que moi, j’ai l’impression que t’es la seule en haut à avoir du pouvoir sur c’qui s’passe ici.

Tu l’sais, j’ai jamais vraiment eu la foi.Croire en une force spirituelle c’est comme au dessus de mes forces, mais croire en toi c’est juste naturel. Parce que j’me dis que tu dois pas être partie bin bin loin, que t’as mis une famille au monde et qu’tu vas t’assurer que tout se passe pour le mieux pour chacun d’entre nous. Alors quand j’me couche le soir, les larmes aux yeux, c’est à toi que j’m’adresse.

Parce que j’ai besoin de comprendre pourquoi la vie est mal faite à ce point-là grand-mère. J’ai besoin de comprendre pourquoi j’suis tombé solide en amour avec quelqu’un pour qui j’valait pas grand chose. J’ai besoin qu’on m’explique l’injustice du coeur brisé et de la sensation de vide dans l’estomac. J’ai envie de savoir pourquoi. À quoi ça sert. Parce que de m’dire que les épreuves servent à me rendre plus forte, à un point, j’en ai eu pis j’en ai vu des épreuves et j’en veux plus. C’est difficile à accepter tu vois, de ne pas être apprécié autant qu’on le voudrait, j’trouve ça rough en maudit pour l’orgueil.

Le plus difficile c’est de pas comprendre pourquoi ça passe pas. J’veux dire après avoir accepté que ça fonctionnait pas, après avoir fait le nécéssaire pour prendre nos distances, pourquoi ça passe pas? Pourquoi, après des mois et des mois sans aucune nouvelle de lui et sans essayer d’en avoir, j’y pense encore autant. J’essaye de comprendre, grand-mère, pourquoi la vie a mis sur mon chemin un être pour qui je ressentirais des émotions aussi forte, pour que ce serait pas réciproque et de qui, malgré le temps, j’n’arriverais pas à m’enlever de la tête. Est-ce que j’mérite ça? Sérieusement des fois j’me le demande vraiment, est-ce que j’ai fait quelque chose de cruel et karma’s a bitch vie avec les conséquences aujourd’hui? Parce qu’honnêtement c’est pénible comme châtiment.

Je sais que je gosse le soir, à te demander de faire en sorte que ça aille mieux, mais je crois sincèrement qu’il n’y a que toi qui peut m’aider à travers ça. J’espère que, avec le caractère qu’on a dans famille, t’as ton mot à dire là-haut sur le déroulement des choses et qu’tu vas pousser un peu de mon bord pour m’aider à me relever.

Merci

M-A.B

C’est le genre de rencontre banale, comme ça, qui sans t’y attendre change le cours de ta vie. J’ai rencontré mon meilleur ami à ma quatrième année de secondaire, durant une sortie spéciale dans une retraite en campagne pour le weekend. Y’a des gens dans vie avec qui ça fait juste cliqué, comme ça et avec lui ça a juste cliqué, comme ça, je crois que c’est une question d’affinités. C’était le genre d’amitié présente sans être abusive. Avec mes autres amis y’avait comme une règle non-écrite qui stipulait qu’on devait se voir au moins trois fois semaine et ce, en dehors de l’école. Notre code à nous était différent; j’peux pas dire qu’on se voyait si souvent que ça, même à l’école, on se croisait peut-être pas nécessairement tous les jours.

C’était le genre d’amitié qu’on savait présente et qui nécessitait aucune preuve ni aucun engagement, c’était juste là. On savait que peu importe, on serait là l’un pour l’autre. Avec le temps on a juste développé quelque chose de plus fort, voyez-vous. J’crois que ce qui défini le mieux une amitié c’est la loyauté et ça, on n’en manquait pas. Maintenir la connexion malgré la distance et les horaires chargés c’était aussi simple que bonjour. Et si l’un avait des plans quand l’autre lui en proposait, on faisait avec et on s’arrangeait autrement, y’a jamais vraiment eu de drama.

Aujourd’hui, avec bien du recul, je réalise que ce qui semblait être une amitié banale et ordinaire s’est révélé être beaucoup plus que ça. C’est vraiment rare de pouvoir dire de quelqu’un qu’on lui fait confiance à 100%, que no matter what, on sait qu’on peut compter sur cette personne. Avec lui, c’est plutôt du 110% même, et une confiance complètement aveugle sans aucune restriction.

C’est le genre de personne qui te fait te sentir bien, juste par sa présence. C’est le genre de personne attentionnée, qui care et qui s’investi. C’est le genre de personne qui va donner, sans espérer recevoir en retour, qui va aimer, ouvertement et à son plein potentiel. C’est le genre de personne qui t’inspire à aspirer, qui puts hiself out there, qui fonce, qui persévère sans jamais baisser les bras. C’est le genre de personne qui te pousse à te surpasser et qui te donne envie d’être la meilleure version de toi-même. Il a confiance en toi et en ta réussite et il est prêt à investir de son temps pour t’aider à briller.

C’est le genre de rencontre banale, comme ça, qui sans t’y attendre change le cours de ta vie.

J’avais jamais pensé un jour rencontré une personne aussi extraordinaire et aujourd’hui j’peux me prévaloir de l’avoir comme meilleur ami.

Le pardon

On m’a toujours dit que les trois phrases les plus difficiles à prononcer étaient “Je t’aime”, “Je m’excuse” et “Je te pardonne”. Pour moi ça a toujours été la dernière, d’aussi loin que je me souvienne, je ne crois pas l’avoir jamais prononcée.

Ma mère m’a souvent répété que j’avais la tête dure, que j’étais orgueilleuse comme ça s’peut pas, je l’ai toujours obstiné du contraire, sans jamais lâché prise (juste histoire de prouver que j’avais pas la tête dure). Mes débats avec elle étaient sans doute aussi ironiques qu’une végétarienne qui mange une tranche de bacon, t’sais.

Ça fait que j’ai toujours eu la rancune bin bin facile. Si mon frère avait le malheur de changer le poste du téléviseur durant mon émission préféré, croyez-moi que dix ans, vingt-trois jours, quatre heures et cinquante-six minutes plus tard, eh bin il se le fait encore remettre au visage. Après tout, c’était vraiment pas chill de me faire manquer la fin du 12e épisode de la 3e saison des frères scott.

Et puis, avec le temps j’vous dirais que ça s’est jamais vraiment amélioré. Parce qu’en grandissant on réalise qu’il y a des débats plus importants que le fameux shotgun front avec ton frère et que la rancune grandit en fonction du problème. Ça fait que plus le temps avance, plus les débats sont gros, plus la rancune y va par là! J’en ai renié des gens, pour des oui et des non, sans vraiment savoir si passer par dessus mon orgueil aurait pu mener à dequoi d’un peu plus positif.

Le problème avec moi c’est que j’suis vraiment sensible à mes émotions. Rares sont les choses qui me mettent hors de moi ou qui m’atteignent fortement, mais quand ça arrive, croyez-moi c’est pas beau à voir. J’ai des valeurs fondamentales auxquelles je m’attache pour bâtir ma vie et forger ma personnalité; la loyauté, le respect et l’honnêteté en sont les bases.

Toi, ma belle, t’as pillé sur les trois sans aucune gêne et avec aucun remords, en toute impunité. T’es venue me chercher dans toutes les sphères qui pouvaient m’affecter et t’as titillé en moi toute la haine et la méchanceté qui pouvait en sortir. Tu l’as reçue aussi, cette méchanceté-là. J’vous l’ai dis plus tôt, c’est rare, mais quand c’est là, tasses-toi. Je crois que de piler sur l’honnêteté en agissant comme l’hypocrite que tu as été était une chose, mais de me manquer de respect en allant t’attaquer aux liens et à la loyauté que j’avais créée avec autrui, ça c’était une limite que tu ne devais pas franchir.

Ça fait un moment maintenant, et puis aussi mal faite que soit la vie, tu fais partie intégrante de la routine de gens qui me sont chers. En outre, j’suis pas mal obligé d’accepter le fait qu’indirectement tu fasses partie de ma vie à moi aussi. C’est quelque chose que j’ai peine à digérer vois-tu, parce que j’trouve que justice n’a pas été rendue par rapport à tout ça. D’un autre côté, après le recul que j’ai pris, j’aurais pas envie que tu souffres de la manière que j’ai souffert, c’est pas quelque chose que je souhaites aux gens, même si j’t’aime pas particulièrement.

J’m’enfarge un peu dans mes mots pour t’expliquer qu’en faite j’suis rendu là. C’est du passé, j’suis arrivé devant le fait accomplit et ça m’a mit hors de moi, mais c’est terminé aujourd’hui. Je t’en ai voulu plus qu’aux autres parce que t’étais la seule variable de l’équation que j’pouvais tasser de ma vie sans éclater en morceaux. Aujourd’hui c’est différent. Aujourd’hui je sais, que de vrais amis n’auraient jamais laissé passer ça, que de m’avoir aimé réellement l’aurait empêché d’aller vers toi, que de m’être retiré la tête du sable avant m’aurait évité toute cette peine. Je ne peux pas revenir dans le passé et changer ce qui est arrivé, mais j’peux décidé de tourner la page et de lâcher prise pour pouvoir avancer dans le présent vers un futur moins torturé. C’est pour ça qu’aujourd’hui, je te pardonne.

Je te pardonne et je suis désolée, c’était pas à toi de prendre tout le blâme pour ça.

J’ai décidé de revenir écrire parce que ça feel pas fort ces temps ci. Anyway, on se le cachera pas, c’est pas mal la seule raison pour laquelle j’écris habituellement, parce que j’ai de la peine, pis que j’ai besoin de l’exprimer d’une façon ou d’une autre.

T’sais j’pensais vraiment que j’y arriverais, j’veux dire j’me suis tellement pomper pis charger la tête de bonnes intentions pis de motivations. J’me rend compte aujourd’hui que j’suis pas si forte que je le pensais, que c’est beaucoup plus difficile que je me l’étais imaginer. Ça avance pas fort fort, mon tournage de page.

J’me flatte dans le sens du poil en m’disant que ça va mieux, que ma vie a repris son cours, que j’réussis à avancer sans lui, peut-être même beaucoup plus qu’avec lui. Mais criss que ça va pas tant que ça. J’veux dire, oui j’suis bien, pis j’passe au travers de mes journées avec un sourire d’étampé dans face pis c’est loin d’être juste un masque. J’suis vraiment heureuse et mes projets avancent mieux que jamais. Pourtant j’me couche le soir et, autant ma journée était encore meilleure que celle d’hier, autant t’es encore la seule personne avec qui j’ai envie de le partager.

T’es la seule chose qui rempli mon esprit à compter de 11h pm quand j’suis étendue toute seule dans le noir de ma chambre trop grande pour que tu n’y sois plus. Fouilles-moi pourquoi mais les deux dernières nuits ont été pénibles. Ça fait des mois aujourd’hui que on ne s’est pas vue, ça fait des mois que j’ai plus de nouvelles de toi, que t’apparait même plus sur mon fil d’actualité Facebook parce que j’t’ai bloqué toi pis ta gang de morons. Ça fat des mois que je l’sais que c’est terminé pour de bon nous deux et que ça m’affecte pas plus qui faut, mais là depuis une semaine c’est plus difficile.

On dit qu’avec le temps on finit par pardonner, j’pense que de te pardonner c’est la pire affaire qui puisse m’arriver. Parce que c’est vrai, c’était beaucoup plus facile de passer à autre chose au début, quand j’t’haïssais encore pour tout ce que t’avais fait. Mais le temps fait bien les choses pis peu à peu j’ai finit par passer par dessus la haine, pis peu à peu les bons moments me sont revenus en souvenirs. Le temps fait bien les choses, ça dépend pour qui. J’te dirais que de me coucher tous les soirs en pensant aux bons moments qu’on a vécu ça m’donne pas pentoute la force de continuer à tourner la page. Pourtant j’étais bien partie.

Le plus difficile j’pense que c’est de me demander si tu penses encore à moi toi aussi, même si dans la plupart des cas la réponse est souvent négative. J’me demande comment tu peux estimer autant quelqu’un pour qui tu vaux rien, criss que la vie est mal faite.

Beau destin de marde ça, avoir mis sur mon chemin quelqu’un qui servirait juste à me briser.

Bonne fête

Il est passé minuit, enfin, c’est plus ta fête.

Tu sais, j’ai pensé à toi toute la journée. J’ai pensé à toi hier soir avant d’aller dormir aussi, à minuit pile. J’avais l’habitude de t’écrire à minuit tapant pour ta fête, histoire d’être certaine que je te le disais en premier. Je préparais même mon message à l’avance, je sais, un peu too much, mais c’est comme ça quand on tient à quelqu’un I guess.

J’ai eu envie de t’écrire, toute la journée, y’a tellement de choses que j’avais envie de te dire, y’a tellement de choses que j’avais envie de te souhaiter. J’avais envie de t’appeler, d’entendre ta voix, juste quelques secondes, parce que ça me manque. J’avais envie de te serrer dans mes bras, pour te sentir près de moi, comme si rien n’avait changé. J’avais envie de t’écrire juste pour que tu saches que malgré toutes les affreuses choses que j’ai pu te dire je pense encore à toi. J’avais envie que tu saches que je me souvenais de toi et de cette journée, que j’y tenais encore, à nous.

C’est difficile, t’sais, passer à autre chose. Encore aujourd’hui y’a des jours où j’me demande ce qui a bien pu se passer, où j’me demande comment on a pu laisser les choses se faner à se point. L’amour c’est pas si compliqué que ça, ça aurait pu être beau nous deux, on aurait pu passer la soirée ensemble ce soir, j’aurais pu te cuisiner ton plat préféré devant un film collés collés pour ton anniversaire..

Mais de t’écrire aujourd’hui c’était au delà de mes capacités. Tu m’as tellement blessé, j’veux dire, comment tu peux prétendre aimer quelqu’un et lui faire autant de mal? J’suis pas ici pour te faire ton procès, c’est quand même ta fête après tout, mais de justifier le fait que je t’aie pas écrit pour ton anniversaire c’est important pour moi. Je t’ai pas écrit parce que j’en avais pas la force, parce que j’ai fait le choix de te supprimer de ma vie et que je passerai jamais à autre chose si je m’accroche pas à cette décision.

C’était ta fête aujourd’hui, j’espère que tu as passé une journée inoubliable. J’espère qu’elle a été remplie de moments spéciaux, de rebondissements, d’éclats de rire et de sentiment de bien-être. J’espère que tu as eu tout ce que tu désirais, que tu en as profité pour te gâter, tu le mérites. J’espère que t’es allé faire de la planche, c’est ta maison là-bas. J’espère que t’as eu le regard pétillant, j’m’ennuie de ce regard-là, et que t’as souris plus qu’une fois, c’est beau quand ça t’arrive.

Bonne fête mon coeur.

Les menstruations en 10 étapes.

Celui-là s’adresse à vous, les boys. À vous qui savez pas ce que c’est, une fois par mois, de se sentir toute sauf bien. À vous qui le vivez pas pentoute pis qui s’donnez le droit de dire qui le vivez pire que nous, les femmes. À toi, le frère un peu trop sans dessein qui a un jour dit à sa soeur de s’calmer pis d’aller se mettre un tampon. À toi, le boyfriend un peu deux watts qui s’est trouvé bin comique devant ses chums de gars “S’cusez l’attitude de ma blonde, est dans sa semaine“. À toi, le gars nowhere qui pense que j’ai refusé ses avances un peu trop déplacées au bar parce que j’étais supposément SPM. J’vous emmerde profondément, vous pis vos jokes plates sur les menstruations. Décroches, tu vas l’avoir dans 7 jours ta partie de jambes en l’air, fais-en pas tout un plat.

Je tiens à vous dire que c’est pas toujours facile, qui a des filles plus chanceuses que d’autres pis qui le vivent moins pire, c’est normal. On est pas toutes faites pareil. Je tiens à démystifier un peu le tout, histoire de savoir dans quoi vous vous embarquerez la prochaine fois qu’vous vous lancez sur une remarque débile à propos des règles. J’suis pas une féministe dans l’âme, mais de défendre mon droit à avoir une attitude de marde quand j’suis dans ma semaine, j’trouve ça important. J’vais vous l’expliquer, ce que c’est, histoire que vous compreniez un peu mieux.

1- Les crampes
On peux-tu en parler? As-tu déjà reçu un coup d’bat de baseball dans le ventre? Parce que j’peux t’assurer que la sensation est assez similaire merci. Le pire avec les règles c’est que c’est répétitif comme douleur, constant, pendant une heure, deux, même pendant toute une journée pour certaines. Ça arrête pas, un coup après l’autre. Pis c’est pas le genre de mal auquel tu t’habitues pis qu’après un an c’est devenu endurable, non. Et voulez-vous savoir un secret à propos des crampes? Elles sont tout le temps là. Que ce soit avant de tomber dans ta semaine, pendant, ou après parce que ton corps est en trin d’ovuler… Coucou! C’est nous! Les coups d’marteau sur ton utérus!

2- L’inconstance
Parce que si tu prends pas la pilule, y’a rien de moins certain que le jour et l’heure à laquelle elles vont décider de s’pointer le bout du nez. T’es comme toujours sur le qui-vive, faque des tampons traines-en. Pis si tu prends la pilule pis que t’es moindrement tête en l’air comme moi, bin y s’pourrait qu’un vendredi soir bin pompette t’oublies de la prendre. Pis que le lendemain à un souper bien arrosé bin tu l’oublies une seconde fois et que dimanche matin bin… Coucou! C’est nous! Les coups d’marteau dans ton estomac!

3- Les serviettes sanitaires/tampons
Parce que c’est déplaisant, tout simplement. Écoutes, des couches t’en porte à la naissance jusqu’à quoi? Trois ans? Bin moi j’te confirme que j’en porte encore le soir avant de dormir une semaine sur quatre. T’essayeras de porter un legging avec une serviette sanitaire sans que ça paraisse. Mets un jeans, me diras-tu avec ton sourire de fendant accroché aux lèvres, mais non merci. Si y’a une chose dont tu as besoin quand tu es dans ta semaine c’est au moins d’être confortable et des leggings c’est confo (beaucoup plus que des jeans). La serviette sanitaire, moyen confo j’te dirais. Et là on arrive aux fameux tampons… j’vous avoue qu’à treize ans, jeune prépubère que j’étais, me rentrer quelque chose là-dedans c’était assez particulier merci. Et non, c’est pas agréable surtout les premières fois. Si vous saviez combien de tampons j’ai gaspiller juste en l’ayant mis de la mauvaise façon, le ministre de l’environnement en serait choqué (parce que oui c’est super mauvais pour l’environnement les tampons en plus). Pis c’est compliqué, faut les changer après un certain temps au risque de développer le cancer du col de l’utérus au passage (rien que ça t’sais). Il devrait exister des congés de menstruations payés où pendant une semaine tu t’installe dans un bain (parce qu’enfin ça coule pas) à relaxer et lire un livre le temps que ça passe. Si le séjour au spa pouvait être payé en plus ce serait pas pire pentoute Monsieur Trudeau, notez ça dans vos prochains projets de lois.

4- Le manque de serviettes sanitaires/tampons
Parce que t’en a jamais assez. Parce que t’as soixante quinze mille boites de tampons dans ta maison, que t’as une poignée qui traine dans chacune de tes sacoches, mais que la journée où t’en a vraiment besoin t’es partie avec la seule sacoche de la maison qui en a pas. Faut tu être assez malchanceuse pour que ça t’arrive à chaque criss de fois. Rien de plus frustrant que d’être encore pogné à aller à la pharmacie sur ton heure de lunch au pas de course parce qu’il est plus que temps que tu change de tampon pis qu’tu viens de réaliser que la pochette spéciale de ta sacoche était vide. Pourtant tu l’avais remplie le mois dernier, non?

5- Le lavage, criss
On se le cachera pas, ça nous arrive toutes. Encore, après dix ans de menstruations, on en est toujours à ce stade-là. Que ce soit nos draps de lit ou notre string préféré, une fois de temps en temps, on tache dequoi. Aweille ma fille, sort la p’tite chaudière pis le oxyclean qu’on fasse tremper ça. Les criss de culotte à 25$ du Victoria Secret que t’as acheté la semaine dernière… Vidanges. Ça fait qu’on s’ramasse avec deux tiroirs de bobettes, celles qu’on aime, pis les autres. Les bobettes-d’une-fois-par-mois, comme j’aime les appeler. T’sais celles qui sont plus vieilles pis que ça te dérange moins de crisser aux vidanges, celles qui t’ont pas coûté un bras, surtout.

6- Le sang
Sincèrement, juste parce que c’est dégueulasse. J’m’étirerai pas en long et en large sur le sujet, mais ça coule, c’est chaud, c’est odorant, c’est désagréable, ça a une texture plus que particulière, c’est inconfortable… Pis t’sais, tu perds du sang à profusion, j’veux dire c’est tout un feeling awkward qui s’passe icitte.

7- Les maux de jambes
Parce que non t’as pas juste mal au ventre. T’as les jambes molles aussi, faibles, pis t’as l’impression d’avoir marché pendant 4 ans de ton lit à ta toilette.

8- La température
On va se l’dire, la température extérieure joue tout un rôle dans notre bien être quand on a nos règles, nous-les-filles-d’Ève-la-conne-qui-a-croqué-dans-la-pomme. Parce que l’hiver à -40 quand tu te gèle le cul dehors pis qu’on corps est tout raide pis qu’tu fais des mouvements saccadés pendant qu’c’est l’gros party en bas pis qu’ça coule à flot là-dedans… T’as juste le goût de rester couché dans ton lit en position foetale avec un sac magique sur le ventre pis une grosse doudou qui a passé 30 minutes dans la sécheuse. Pi l’été… Tout un contraste ma fille! Y’a rien de moins agréable que de sortir dehors en plein été pendant qu’tes dans ta semaine. Comme si tu te sentais pas déjà assez dégueulasse comme ça, avec la chaleur accablante pis la sueur qui s’empare de toi, faut en plus que t’aille l’entre jambe encombré. Les serviettes sanitaires l’été, oublies ça, 15 minutes dehors pis y va faire assez chaud en bas que l’inconfort va s’installer assez rapidement. Pis les tampons, à la plage et à la piscine, on s’entends-tu que s’t’une source de stress constante. Est-ce que mon fil dépasse? Non, c’est beau. Pis 20 minutes plus tard, est-ce que mon fil dépasse? Non? Ok. Pauvre toi, la fille au beach club à qui j’ai été obligé de dire que sa corde de tampon dépassait dans le cou du gros douchebag qui la tenait sur ses épaules… J’te plains, c’était malaisant, j’compatis, ça aurait pu m’arriver à moi aussi. Ça fait que plus souvent qu’autrement, même si tu te dis libre, tu sors le moins souvent possible parce que la chaleur fait juste empêcher la coagulation pis t’as l’impression d’avoir une champlure à l’intérieur de l’utérus. Fuck you dame nature.

9- Les hormones
J’ai l’air du produit de concubinage entre KingKong et Godzilla quand j’suis dans ce moment du mois et croyez-moi que vous auriez raison de m’abattre Harambe style (lol) si vous aviez le malheur de me croiser durant mes crises hormonales. T’as comme un super gros boost d’hormone qui fait en sorte que t’es toujours à pique et à fleur de peau. J’peux passé de gros sanglots à j’ai des flammes dans les yeux et tassez vous de dl’à parce que ça va brasser. En plus, allo les hormones, ce sont les meilleures amies des boutons et ceux-ci se pressent d’apparaître dès le début de nos règles histoire de tourner le fer dans la plaie. J’t’emmerde toi mon beau gars qui a eu sa phase acné en secondaire 4 et qui n’a plus à se soucier de ça aujourd’hui.

10- Les hormones (oui, oui, encore!)
Sacrées hormones, elles ont tout un effet sur nous les femmes (un peu comme la testostérone pour les gars mais pas pentoute pareil finalement). Les hormones font apparaître un espèce de craving intense, c’est incontrôlable. Et là, je parle de deux types de craving. Y’a d’abord celui de la bouffe, parce que fouilles-moi pourquoi, le chocolat est le meilleur amie de la fille dans sa semaine. T’as TOUT LE TEMPS faim. Et quand je dis faim je parle pas d’avoir faim pour manger un sauté au poulet là, j’te parle du j’ai faim j’veux du PFK le vari baril au complet, une douzaine de beignes boston au chocolat et trois bigmacs s’il te plait. Et non, c’est pas pour partager. Faque en plus de te sentir super ballonnée, tu manges le contenu d’un mois de repas histoire de prendre 15 lbs en 7 jours. Le deuxième craving est un peu plus d’ordre sexuel. Oui oui, nous aussi on en a très envie quand vous nous le demandez et qu’on vous répond le fameux pas cette semaine. Parce qu’avec les hormones dans le tapis croyez-moi que notre libido est à son maximum et que nous aussi on aurait envie de get laid, mais qu’on peut pas et que ça nous fait sans doute beaucoup plus chier nous que vous. Et non, dans la douche c’est pas quelque chose qui plait à tout le monde surtout quand t’as déjà les Coucou! C’est nous! Les coups d’marteau dans ton estomac! qui te hantent depuis trois jours.

C’est l’étape de notre vie qui souligne notre passage de fille à femme et j’vous garantie que j’me suis jamais sentie aussi moins femme que lorsque j’suis dans mes périodes. À me sentir toute ballonnée et porter des vieux joggings lousses avec un gros hoodie et trois cent soixante quinze mille boutons au visage… Allo la féminité.

J’ai chaud, j’ai mal, j’ai froid, j’me sens faible, j’ai l’impression de m’vider de mon âme, j’en peux plus, j’portes une COUCHE SACRAMENT, as-tu besoin d’une raison de plus pour que je sois en criss d’être dans ma semaine? As-tu besoin d’une raison de plus pour justifier mon attitude de marde aujourd’hui? Non. J’ai tous les droits d’être en maudit pis de rejeter mes émotions sur ceux qui ont le malheur de croiser ma route aujourd’hui. J’vous l’dis, j’m’en excuse d’avance si jamais vous m’croisez dans une de mes mauvaises journées du mois, mais y’a rien de plus naturel que ça. Et être à ma place tu réagirais sans doute pareil. J’aimerais ça moi te voir saigner du gland une semaine par mois histoire de te demander comment tu te sens.

J’vous le dédicace, ce texte-là, mesdames. Vous méritez toute une main d’applaudissements pis toute une médaille pour ce que vous endurez chaque mois. Sérieux, c’est vraiment loin d’être facile à gérer.